Parmi eux se trouve pourtant une personnalité éminente aux yeux des musulmans, tel le qâḍî Ismâʿîl ibn Isḥâq, qui avait coutume de dire : « On ne tient aucun compte de la divergence d’al-Shâfiʿî. »
La plupart des traditionnistes ont vivement critiqué Abû Ḥanîfa – qu’Allâh l’agrée – ainsi que ses disciples ; leur blâme, célèbre, remplit les ouvrages. Ils allèrent jusqu’à ne rien rapporter d’eux dans les recueils de ḥadîth ; aussi ne trouve-t-on aucune mention de leur part dans les deux Ṣaḥîḥ et les Sunan (1).
Nombre d’Irakiens ont, de la même manière, attaqué Mâlik – qu’Allâh l’agrée – en disant : « Il aurait mieux valu qu’il se taise et ne parle point. »
De même, beaucoup d’adeptes de Dâwûd – qu’Allâh lui fasse miséricorde – donnent la préséance à son école sur celle d’Abû Ḥanîfa et de Mâlik – qu’Allâh les agrée tous deux – ainsi que sur d’autres ; un groupe d’entre eux m’a d’ailleurs débattu à ce sujet.
Si donc quelqu’un objecte : « Plusieurs de nos imâms ont déclaré que leur opposition ne mérite aucune considération », on lui répond : « Ces gens-là, et d’autres encore, affirment à leur tour que la divergence des imâms que tu viens de citer ne mérite aucune considération, d’autant plus qu’il n’y a parmi ceux qui ont tenu ces propos aucun mujtahid. »
En vérité, Dâwûd – qu’Allâh lui fasse miséricorde – et ses compagnons possèdent, dans bien des sciences de l’Islam, une connaissance plus étendue qu’eux ; ils sont mieux versés dans le ḥadîth, dans les paroles des Compagnons – qu’Allâh les agrée – et des Tâbiʿîn, ainsi que dans l’ijmâʿ et les divergences. Quant aux autres, leur indigence en matière de ḥadîth, de traditions et de connaissance des écoles juridiques des diverses contrées est telle qu’on doit, à cet égard, les ranger parmi la masse négligeable du commun.
Abû Isḥâq al-Shîrâzî – qu’Allâh lui fasse miséricorde – les a d’ailleurs mentionnés dans ses Tabaqât