tu reconnaîtras ceux qui la portent ; la vérité, en effet, ne se connaît pas par les hommes, mais ce sont les hommes qui se connaissent par la vérité (1).
Quant aux paroles qui furent réfutées chez certains gens de l’innovation, et qui entraînèrent la déchéance de leur rang, elles le furent parce qu’elles contredisaient le Livre et la Sunna, non point parce que d’autres s’étaient simplement opposés à eux.
Crois-tu que nous arguions contre les Muʿtazilites et les Râfidites du « consensus » de tous les autres gens de la Sunna qui les contredisent ? Un esprit sensé s’appuierait-il sur un tel procédé ? L’argument véritable est bien plutôt le Livre, la Sunna, et l’accord unanime des Pieux Prédécesseurs, au sujet duquel eux et nous convenons qu’il constitue une preuve, tout comme on argumente, contre les Muʿtazilites, par le consensus des Compagnons – qu’Allâh les agrée – et, contre les Imâmites, par les paroles de la Famille du Prophète.
Ainsi, Abû Bakr ibn Dâwûd, lorsqu’il débattait avec Ibn Suraïj et que celui-ci prononçait le mot : « consensus », lui rétorquait : « Peut-être nommes-tu Untel et Untel ? » Or maintes personnes ont dénigré nombre d’imâms, sans que cela entraîne l’invalidité de leurs propos (2).
De fait, nombre de Ḥanafites et de Mâlikites ont attaqué ash-Shâfiʿî – qu’Allâh l’agrée – quant à son lignage, à sa science et à sa probité (3) ; ils alléguaient qu’il ne doit pas être pris en compte dans le consensus et avancèrent pour cela des arguments fallacieux.