Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

tu reconnaîtras ceux qui la portent ; la vérité, en effet, ne se connaît pas par les hommes, mais ce sont les hommes qui se connaissent par la vérité (1).

Quant aux paroles qui furent réfutées chez certains gens de l’innovation, et qui entraînèrent la déchéance de leur rang, elles le furent parce qu’elles contredisaient le Livre et la Sunna, non point parce que d’autres s’étaient simplement opposés à eux.

Crois-tu que nous arguions contre les Muʿtazilites et les Râfidites du « consensus » de tous les autres gens de la Sunna qui les contredisent ? Un esprit sensé s’appuierait-il sur un tel procédé ? L’argument véritable est bien plutôt le Livre, la Sunna, et l’accord unanime des Pieux Prédécesseurs, au sujet duquel eux et nous convenons qu’il constitue une preuve, tout comme on argumente, contre les Muʿtazilites, par le consensus des Compagnons – qu’Allâh les agrée – et, contre les Imâmites, par les paroles de la Famille du Prophète.

Ainsi, Abû Bakr ibn Dâwûd, lorsqu’il débattait avec Ibn Suraïj et que celui-ci prononçait le mot : « consensus », lui rétorquait : « Peut-être nommes-tu Untel et Untel ? » Or maintes personnes ont dénigré nombre d’imâms, sans que cela entraîne l’invalidité de leurs propos (2).

De fait, nombre de Ḥanafites et de Mâlikites ont attaqué ash-Shâfiʿî – qu’Allâh l’agrée – quant à son lignage, à sa science et à sa probité (3) ; ils alléguaient qu’il ne doit pas être pris en compte dans le consensus et avancèrent pour cela des arguments fallacieux.

(1) Extrait par al-Balâdhurî dans Ansâb al-Ashrâf (t. 3, p. 990). Le propos dʾAlî, que Dieu l’agrée, est ainsi formulé : « Ô Hârî, un voile t’est imposé ; le vrai et le faux ne se distinguent pas selon le rang des hommes ; connais la vérité, tu connaîtras ses adeptes ; connais le faux, tu connaîtras qui l’a proféré .» On le trouve également, dans une version proche, plus haut (op. cit., t. 3, p. 961). Ce récit est devenu célèbre dans la présentation qu’en donne al-Mujīb dans plusieurs ouvrages, tels que al-Bayān wa-l-Tabyīn d’al-Jāḥiz (t. 3, p. 211), Talbīs Iblīs d’Ibn al-Jawzī (t. 2, p. 483), etc. (2) Târīkh Baghdâd (t. 3, p. 158) ; Târīkh al-Islām (t. 6, p. 1026). (3) Voir ce qu’en disent certains imâms à propos de quelques points évoqués précédemment (p. 626-627).
تعرف أهله، إِنَّ الحق لا يُعرف بالرجال، وإنما الرجال يعرفون بالحق) (١) . والأقوال التي رُدَّتْ على مَنْ ردت عليه من أهل البدع، وانخفضت بها أقدارهم= رُدَّتْ لمخالفتها الكتاب والسنة، لا لمجرد خلاف غيرهم لهم فيها. أترانا نحتج على المعتزلة والرافضة بإجماع مَنْ سواهم من أهل السنة على خلافهم؟ وهل يحتج بهذا عاقل؟! أم يحتج بالكتاب والسنة وبإجماع السلف الذين اتفقنا نحن وهم على أَنَّ إجماعهم حجة، كما يحتج بإجماع الصحابة - رضي الله عنهم - على المعتزلة وبأقوال أهل البيت على الإمامية. وقد كان أبو بكر بن داود إذا ناظر ابن سُريج فقال له: إجماع. يقول له: لعلك تُسَمِّي لي فلانًا وفلانًا، وقد طعن كثيرٌ من الناس في كثير من الأئمة، ولم يوجب ذلك منع الاعتداد بقوله (٢) . فكثيرٌ من الحنفية والمالكية طعنوا في الشافعي - رضي الله عنه - في نَسَبِهِ وعلمه وعدالته (٣) ، وقالوا: لا يعتد به في الإجماع، وذكروا لذلك شبهًا.
(١) أخرجه البلاذري في أنساب الأشراف (٣/ ٩٩٠) ولفظ كلام علي ــ - رضي الله عنه - ــ: (يا حارِ؛ إنك ملبوسٌ عليك، إنَّ الحقَّ والباطل لا يُعرفان بأقدار الرجال؛ اعرف الحقَّ تعرف أهله، واعرف الباطل تعرف مَنْ أتاه). وذكره قبل ذلك بلفظ قريبٍ منه في (٣/ ٩٦١). والأثر مشهور باللفظ الذي ذكره المجيب في كثيرٍ من الكتب؛ كالبيان والتبين للجاحظ (٣/ ٢١١)، وتلبيس إبليس لابن الجوزي (٢/ ٤٨٣) وغيرهما. (٢) تاريخ بغداد (٣/ ١٥٨)، تاريخ الإسلام (٦/ ١٠٢٦). (٣) انظر في كلام بعض الأئمة في بعض ما تقدم (ص ٦٢٦ - ٦٢٧).

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