honoré auprès du sultan et des personnalités de haut rang, versé dans le ḥadith et la tradition, scrupuleusement attaché (1) à la voie reçue dans la science tout en possédant une pleine maîtrise de la réflexion, de la controverse et de l’art oratoire. Il fut le premier qu’ash-Shâfiʿî laissa en Irak pour défendre ses principes, sa doctrine et soutenir ses avis, au point qu’on le connut par cela. Il fit en outre partie des dix hommes qu’al-Maʾmûn choisit pour siéger à son conseil et parler en sa présence ; il les appela ses « frères » et les fit enregistrer ainsi dans le dîwân. Il composa d’éminents ouvrages et mourut à Bagdad).
Telle était donc, à cette époque, la situation de cet homme à Bagdad, laquelle était alors la plus grande cité de l’Islam pour le savoir. Ash-Shâfiʿî – qu’Allâh l’agrée – dit même un jour à Yûnus :
« As-tu vu Bagdad ? – Non. – Alors tu n’as pas vu le monde. » (2)
Cette opinion est, de plus, connue de Ṭâwûs et de ceux qui partagent son avis. Il compte parmi les plus illustres tâbiʿîn et les plus éminents disciples d’Ibn ʿAbbâs – qu’Allâh les agrée –, au point que Khuṣayf déclara :
« Il est le plus savant d’entre eux en matière de licite et d’illicite. » (3)
Elle est également rapportée d’Abû Jaʿfar Muḥammad, de son fils Jaʿfar et d’autres juristes de la Famille prophétique – qu’Allâh les agrée. Ceux-ci sont, de l’avis unanime d’Ahl as-Sunna et des chiites, parmi les imâms de l’Islam ; aucun savant musulman ne conteste que leurs paroles comptent parmi les plus dignes d’autorité dans les questions de consensus comme dans celles de divergence. Toutefois, les Râfiḍa ont outrepassé toute mesure à leur sujet, les déclarant infaillibles et assimilant leurs propos à ceux du Messager – qu’Allâh prie sur lui et le salue. Or l’excès des chrétiens envers le Messie – qu’Allâh répande Sa prière sur notre Prophète et sur lui – ne porte aucunement atteinte à son rang ; il en va de même des extrémistes à l’égard de ʿAlî b