Chapitre
Il a dit :
« Quant à tout autre qu’eux deux, il lui incombe d’exposer clairement son opinion afin qu’on puisse l’examiner ; s’agissant en revanche de Dâwud et d’Ibn Ḥazm, un groupe de nos imâms a déclaré : “Il n’y a aucune considération [237 a] à accorder à leur divergence.” » (1)
La réponse se décline en plusieurs volets.
Premier volet : le désaccord touchant l’effectivité du divorce prononcé sous la forme d’un serment n’est pas l’apanage des Ẓâhirites à l’exclusion des partisans du qiyâs, ni celui des chiites (2) par opposition aux ahl as-sunna (3), ni celui des savants postérieurs plutôt que des Anciens, ni celui des Anciens plutôt que des postérieurs ; il se rencontre aussi bien chez les défenseurs du littéralisme que chez les tenants de l’analogie.
Or Abû ʿAbd ar-Raḥmân ash-Shâfiʿî figure parmi ceux qui recourent le plus amplement au qiyâs et se montrent les plus ardents à défendre les fondements d’ash-Shâfiʿî. Abû ʿUmar ibn ʿAbd al-Barr (4) dit à son sujet :
« On le désignait sous le nom de “ash-Shâfiʿî” en raison de la parfaite assimilation qu’il avait de son enseignement et de la vigueur avec laquelle il défendait son école ; il l’avait accompagné à Bagdad, débattait au nom de son madhhab et comptait parmi les sommités du savoir et les plus habiles des théologiens, connaisseur du consensus et des divergences ; sa position était éminente. »