S’agissant de Muḥammad et d’autres encore, on possède d’eux des transmissions assorties de chaînes continues attestant qu’ils donnaient comme avis juridique, au sujet du serment prononcé par le divorce, qu’aucune obligation n’en découle. Plusieurs personnes se réclamant de leurs écoles et les imitant pour ce qui touche au serment et à la condition, de façon générale, ont rapporté d’eux que ni le divorce juré ni le divorce conditionnel ne prend effet, à l’instar d’Abū ʿAbd ar-Raḥmān ach-Shāfiʿī et d’Ibn Ḥazm.
Toutefois, le répondant n’a trouvé ce propos transmis avec chaîne de narration que pour le cas d’un divorce conditionnel auquel on donne l’intention de serment ; il a, par ailleurs, relevé que certaines réponses ne mentionnaient pas la négation de l’expiation, tandis que d’autres niaient catégoriquement toute obligation pesant sur l’auteur du serment.
C’est pour cette raison qu’il a déclaré : « Cela est transmis de certains des Salaf ». En effet, cela est rapporté de ceux-là mêmes et d’Abū ʿAbd ar-Raḥmān, contemporain d’aš-Šāfiʿī, d’Aḥmad et d’Abū Ṯawr – tous antérieurs à Dāwud. Par conséquent, l’opinion de Dāwud et d’Ibn Ḥazm se trouve elle aussi transmise de certains prédécesseurs différents de ceux qu’Ibn Ḥazm a cités.
Le répondant a évoqué Dāwud, Ibn Ḥazm et quelques savants postérieurs ; Dāwud et Ibn Ḥazm soutiennent qu’aucun divorce n’est effectif et qu’aucune expiation n’incombe à l’auteur du serment, et il a précisé que tel est également l’avis de certains Salaf. Or il a été indiqué plus haut que cette affirmation figurait dans la réponse adressée à un demandeur de fatwā, et non dans un ouvrage compilé où l’on recenserait les opinions, les noms de leurs tenants, les chaînes de transmission et où l’on traiterait de la question de manière exhaustive, tant par le reportage des écoles que par l’argumentation à leur appui ; partant, l’absence de telles citations dans cette réponse ne saurait infirmer, ni pour lui ni pour autrui, la connaissance de la divergence par d’autres voies.
Et si certains ignorent l’existence de cette controverse, leur ignorance n’annule pas la connaissance qu’en ont ceux qui la possèdent ; combien de questions disputées sont connues de certains et ignorées d’autres !