Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

et l’expiation ne suffit pas.

Deuxièmement :
Avant que nous ayons connaissance de la divergence, deux présomptions se présentaient à nous : la présomption d’un consensus et la présomption de la portée générale du Coran, tant dans son texte que dans son sens. Celui pour qui la présomption du consensus était la plus forte – tel Abû Thawr – a fait prévaloir cette présomption ; tandis que celui dont la confiance dans la Parole d’Allâh, Sa science et Sa sagesse était plus achevée, convaincu qu’Allâh – Exalté soit-Il – ne fait pas de distinction entre des situations analogues et n’annule pas une cause sans qu’il y ait une spécification significative, et qui, lorsqu’il s’interrogeait intérieurement, ne trouvait aucune certitude quant à l’absence de divergence capable de rivaliser avec la conviction qu’il tient du Livre d’Allâh et des paroles de Son Messager, jugeait que la communauté ne saurait se mettre d’accord sur une telle chose et qu’elle est préservée de se réunir sur l’erreur.

Il est inconcevable que la communauté s’accorde pour différencier deux cas semblables ou pour annuler une cause sans justificatif substantiel ; tout comme Allâh – Puissant et Majestueux – a absous Son Messager – paix et bénédictions sur lui – de prononcer un jugement entaché d’une telle contradiction qui obligerait à remettre en cause soit l’indication du Livre et de la Sunnah, dans leur texte et leur sens, soit l’indication du consensus. Or chacune de ces deux indications est correcte, et la vérité ne se contredit pas (1).

Lorsqu’on examine ensuite tout consensus authentiquement établi, on le trouve conforme aux textes et non contraire à eux. Jamais on ne trouvera un consensus qui contredise l’enseignement du Livre et de la Sunnah, sans qu’il y ait, aux côtés de ce consensus, une autre indication scripturaire qui commande de la privilégier sur la première ; l’un des deux textes se trouve alors abrogeant l’autre : soit en annulant son jugement – abrogation spécifique –, soit en neutralisant l’apparence de son indication – abrogation générale. Tel est le principe d’Ahmad ibn Hanbal et d’autres parmi les pieux prédécesseurs de la communauté et ses imâms qui suivent les Compagnons : jamais ils ne mettent en opposition l’indication du Livre et de la Sunnah avec un consensus, contrairement à ce qu’ont fait Abû Thawr et ceux qui lui ressemblent (2).

(1) Bayān al-Dalīl (p. 333). Voir aussi ce qui suit (pp. 87–88). (2) Il écrit dans Majmū‘ al-Fatāwā (t. 32, p. 115) — et dans al-Fatāwā al-Kubrá (t. 3, p. 179) — : « Quiconque oppose un texte à l’unanimité des savants et prétend l’abroger sans citer de texte abrogeant le contredisant se trompe. Nous avons développé ce point ailleurs et montré qu’aucun texte n’a été abrogé sans qu’il en subsiste un autre, abrogeant, préservé par la communauté. La connaissance du texte abrogeant, auquel on doit se conformer, est pour nous plus importante que celle du texte abrogé, dont la mise en pratique n’est plus permise. La protection divine accordée aux textes abrogeants prime celle accordée aux textes abrogés. » Voir aussi ce qui suit (p. 633).
تجزئه الكفارة. والثاني: أنَّا قبل أنْ نعلم النزاع مَعَنَا ظَنَّان: ظنُّ الإجماع، وظنُّ عموم القرآن لفظًا ومعنى؛ فمن كان قوةُ ظنِّ الإجماع عنده أقوى ــ كأبي ثور ــ قدَّمَ هذا الظن، ومن كان ظنُّه بكلام الله وعلمه وحكمته أتم، وأنَّ الله ــ تعالى ــ لا يُفرِّقُ بين المتماثلين ولا ينقض العلة لغير مخصصٍ معنوي، وكان ــ أيضًا ــ إذا رجعَ إلى نفسهِ لم يَجد عنده اعتقادًا بنفي النزاع يقاوم هذا الاعتقاد الذي عَلِمَهُ من كلام الله وكلام رسوله = حَكَمَ بأنَّ الأمةَ لا تجتمع على مثل هذا، وأنها معصومةٌ أن تجتمع على خطأ. والفرق بينَ المتماثلين ونقض العلة بدون مخصص معنوي تُنَزَّهُ الأمةُ أن تجتمع عليه؛ كما نَزَّهَ الله ــ عز وجل ــ رسولهُ - صلى الله عليه وسلم - أن يكونَ في حُكمِهِ مثل هذا التعارض الذي يوجب القدح في أحدها؛ إمَّا في دلالة الكتاب والسنة لفظًا ومعنى، وإمَّا في دلالة الإجماع، وكلٌّ من الدلالتين [٤/ ب] صحيحة، والحقُّ لا يَتعارضُ (١) . ثم إذا نظرَ في كلِّ إجماع معلوم وجده موافقًا للنصوص لا مخالفًا لها، ولا تجد قطُّ إجماعًا يخالفُ دلالة الكتاب والسنة إلا ومع الإجماع دلالة أخرى من الكتاب والسنة توجب ترجيحها على الأول، فيكون أحدُ النصين ناسخًا للآخر، إمَّا دفعًا لحكمه ــ وهو النسخ الخاص ــ، وإما دفعًا لظاهر دلالته ــ وهو النسخ العام ــ؛ وهذا أصلُ أحمد بن حنبل وغيره من سلف الأمة وأئمتها المتبعين للصحابة لا يعارضون قط دلالة كتاب وسنة بإجماعٍ، كما فعل أبو ثور وأمثاله (٢) .
(١) بيان الدليل (ص ٣٣٣). وانظر ما سيأتي (ص ٨٧ - ٨٨). (٢) قال في مجموع الفتاوى (٣٢/ ١١٥) ــ وهو في الفتاوى الكبرى ٣/ ١٧٩ ــ: (وكلُّ من عارض نصًا بإجماعٍ، وادَّعى نسخه من غيرِ نصٍّ ناسخٍ يُعارض ذلك النص؛ فإنه مخطئٌ في ذلك، كما قد بسط الكلام على هذا في مواضع أخر؛ وبيّن أنَّ النصوص لم يُنسخ منها شيءٌ إلا بنصٍّ باقٍ محفوظٍ عند الأمة، وعلمها بالناسخ الذي العمل به أهمُّ عندنا من علمها بالمنسوخ الذي لا يجوز العمل به، وحفظُ الله النصوص الناسخة أولى من حفظه المنسوخة). وانظر ما سيأتي (ص ٦٣٣).

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