Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Les propos conditionnels des savants ‑ tels ceux qu’énonce un imâm lorsqu’il dit : « À ce sujet, il est rapporté un ḥadith ; s’il est authentique, je m’y conforme », ou encore : « Telle est mon avis, sauf s’il existe un consensus sur la question, ou sauf si un ḥadith contraire se révèle authentique ; je me suis prononcé ainsi uniquement en raison de ce ḥadith, non pour une autre considération ; s’il est faible, je ne l’adopterai pas », et expressions analogues –
prouvent que, dès lors qu’on sait qu’il ne s’en est pas écarté, on comprend qu’en réalité il ne s’en écartera pas. De la sorte, nul n’est fondé à lui opposer l’exemple du divorce ; sa réponse serait la suivante : « À propos du divorce, soit il y a consensus, soit il n’y en a pas ; s’il existe un consensus, voilà la raison pour laquelle je distingue ; s’il n’y a pas consensus, je ne concède pas le principe même de l’obligation et j’assimile les deux situations. »

Voici donc l’éclaircissement de la réponse qui découle véritablement de sa parole, même si, ne connaissant pas la divergence, il n’a pas expressément opposé le refus. Il a déjà été rappelé que la formulation d’Abû Thawr est une affirmation conditionnelle, non absolue.

Abû Thawr a dit :

« Quiconque jure par l’affranchissement doit une expiation de serment, et aucun affranchissement ne s’impose à lui ; car Allah ‑ Très-Haut - a rendu obligatoire dans Son Livre l’expiation du serment pour tout jurant, lorsqu’Il dit :

« Voilà l’expiation de vos serments lorsque vous avez juré » (al-Mâ’ida, 89),

c’est-à-dire : lorsque vous les enfreignez. »

Abû Thawr ‑ qu’Allah lui fasse miséricorde - a encore dit :

« Tout serment qu’une personne prononce puis transgresse entraîne, selon l’apparence du Livre, l’obligation d’une expiation, à moins que la communauté ne s’accorde pour dire qu’aucune expiation n’est due dans un cas donné. »

(1) Le copiste l’a inscrit en marge et y a porté au-dessus la lettre (Ẓ) ; dans l’original, on lit (wa-qīl) avec au-dessus la lettre (Kh). (2) Voir p. 607. (3) Voir plus haut, p. 7.
المعلَّقة للعلماء إذا قال الإمام: قد روي في ذلك حديث فإنْ كان صحيحًا قلت به، أو إذا قال (١) : هذا قولي إلا أن يكون في المسألة إجماع، أو إلا أَنْ يصح الحديث المخالف له، وإنما قلت بذلك لأجل هذا الحديث لا لمعنى آخر؛ فإنْ كان ضعيفًا فلا أقول به ونحو ذلك (٢) . فإذا عُلِمَ أنه لم يَعدل عنه علم أنه في نفس الأمر لا يعدل عنه، وحينئذٍ فليس لأحدٍ أَنْ يحتجَّ عليه بالطلاق؛ فإنَّ جوابه له: أَنَّ الطلاق إما أَنْ يكون فيه إجماع وإما ألا يكون؛ فإنْ كان فيه إجماع فهو عذري في الفرق، وإنْ لم يكن فيه إجماع لم أُسَلِّمْ الحكم في الأصل وَسَوَّيتُ بينهما. فهذا بيان لجوابه في نفس الأمر على قوله، وَإِنْ كان هو لم يعلم النزاع ليجيب بالمنع، وقد تقدم لفظ أبي ثور أنه قولٌ مُعَلَّق لا مُطْلَق (٣) . قال أبو ثور: (مَنْ حلف بالعتق فعليه كفارة يمين ولا عتق عليه، وذلك أَنَّ الله ــ تعالى ــ أوجبَ في كتابِهِ كفارةَ اليمين على كل حالف، فقال تعالى: {ذَلِكَ كَفَّارَةُ أَيْمَانِكُمْ إِذَا حَلَفْتُمْ} [المائدة: ٨٩] يعني: فحنثتم) . قال أبو ثور ــ رحمه الله تعالى ــ: (وَكُلُّ يمينٍ حَلَفَ بها الإنسان فحنث، فعليه الكفارة على ظاهر الكتاب، إلا أَنْ تجتمع الأمة على أنه لا كفارة عليه في شيء) .
(١) كتبها الناسخ في الهامش وفوقها حرف (ظ)، وفي الأصل: (وقيل) وفوقها حرف (خ). (٢) انظر (ص ٦٠٧). (٣) انظر ما تقدم (ص ٧).

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