Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Nous disons :
Ibn al-Mundhir a rapporté de lui – comme il a été indiqué plus haut lorsqu’il a évoqué l’unanimité – et il l’a cité là de façon explicite ; or la transmission affirmative l’emporte sur la transmission négative. De plus, Abû Thawr lui-même a rapporté ce consensus – ainsi qu’il a été mentionné – d’après la chaîne de transmission de Muhammad ibn Nasr (1).

Réponse :
L’intention est de repousser l’argument de celui qui a répliqué à Abû Thawr – qu’Allah lui fasse miséricorde – en assimilant l’affranchissement au divorce par analogie. Abû Thawr n’a pas admis que le Livre, la Sunna ou le qiyâs attestent de la validité du divorce ; il n’a pas admis que l’indication coranique relative à l’expiation des serments des musulmans exclue l’expiation du divorce ; il n’a pas admis non plus qu’il existe dans le divorce une particularité imposant son effectivité, contrairement à l’affranchissement. Par conséquent, quiconque a argumenté contre Abû Thawr en faisant l’analogie entre affranchissement et divorce et lui a demandé d’établir une distinction a été réfuté avec lui : en effet, il n’a jamais dit : « J’ai constaté dans le divorce une caractéristique propre qui exige qu’il prenne effet », ni : « J’ai constaté dans l’affranchissement un sens qui annule son effectivité, propre à lui et absent du divorce », de sorte qu’on puisse le contester par l’analogie. Pour lui, l’effectivité du divorce n’est donc pas requise par le qiyâs ; bien au contraire, le qiyâs et l’apparence du Coran indiquent qu’il ne se réalise pas, et c’est là, à ses yeux, ce qu’exige la preuve. Il ne s’en est détourné qu’en raison d’un élément qu’il a cru opposé : son impression d’un consensus niant l’expiation applicable au divorce. Cela est ainsi devenu, pour lui, un lieu de istihsân contraire au principe, à la preuve et au qiyâs, comme nombre de savants le font dans des cas similaires.

Et puisque Abû Thawr n’a établi une distinction qu’à cause de ce qu’il supposait être un consensus – et que, s’il avait su qu’il y avait divergence, il n’aurait pas distingué – il apparaît que, dans le fond, sa position réelle est l’assimilation des deux cas et non leur différenciation ; à l’instar des opinions

(1) «al-Taḥqīq» (46/b) et ce qui est placé entre les guillemets.
قلنا: قد نقل ابن المنذر عنه كما تقدم عند حكايته الإجماع، ونقله عنه صريحًا هناك، والمثبت مقدم على النافي. وأبو ثور نفسه نقل الإجماع ــ كما تقدم ــ من نقل محمد بن نصر عنه) (١) . والجواب: أَنَّ المرادَ دفعُ احتجاجِ من احتج على أبي ثور ــ رحمة الله عليه ــ بقياسِ العتاق على الطلاق، وأبو ثور لم يُسَلِّم أَنَّ الكتاب أو السنة أو القياس يدل على وقوع الطلاق، ولم يُسَلِّم أَنَّ دلالةَ القرآن على تكفيرِ أيمانِ المسلمين ينفي تكفير الطلاق، ولم يُسَلِّم أَنَّ في الطلاق معنًى يوجبُ وقوعَهُ بخلافِ العتق؛ فمن احتج على أبي ثور بقياس العتق على الطلاق وطالبه بالفرق كان [٢٣٤/ أ] مخصومًا معه، فإنه لم يقل: إني رأيت في الطلاق وصفًا يختص به يقتضي الوقوع، ولا قال: رأيت في العتق معنًى ينفي الوقوع يختص به دون الطلاق = حتى يحتج عليه بالقياس، فإنَّ وقوعَ الطلاق ليس هو عنده مقتضى القياس، بل مقتضى القياس وظاهر القرآن ألا يقع وهو مقتضى الدليل عنده، وإنما تركه للمعارض الذي ظنه معارضًا؛ وهو ظنه الإجماع على نفي تكفير الطلاق = فصار هذا عنده موضع استحسان على خلاف الأصل والدليل والقياس، كما يفعل ذلك كثيرٌ من العلماء في مثل ذلك. وإذا كان أبو ثور لم يفرق إلا لما ظنه من الإجماع ولو علم النزاع لم يفرق = عُلِمَ أَنَّ قولَه في نفس الأمر هو التسوية بينهما لا التفريق؛ كالأقوال
(١) «التحقيق» (٤٦/ ب)، وما بين المعقوفتين منه.

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