l’affranchissement et le divorce, sous prétexte que, dans le vœu, l’intention de se rapprocher d’Allâh est requise. Jamais Abû Thawr n’a prétendu qu’un affranchissement immédiat ne vaudrait pas faute d’intention de piété, et aucun des imâms reconnus ne l’a dit non plus ; tous, au contraire, sont d’accord pour reconnaître la validité de l’affranchissement qu’un non-musulman prononce en faveur de son esclave. Bien plus, Abû Thawr a expliqué que tout acte conditionnel dont la finalité est de constituer un serment est, à proprement parler, un serment, fût-il formulé sous la forme d’un affranchissement ou d’un divorce, et que l’apparence du Coran rend obligatoire l’expiation de tout serment.
Si donc tu donnes raison à Abû Thawr, maintiens-toi fermement sur cette position et apporte une preuve qui fasse sortir le divorce, tant dans son expression que dans sa signification, de la portée apparente du Coran ; car l’apparence même du Coran – son texte – et son intériorité – son sens – attestent que quiconque jure par le divorce, par l’affranchissement ou par toute autre formule se voit suffire l’expiation d’un serment, exactement comme pour les autres serments.
Il n’est personne d’équitable qui ne reconnaisse que l’apparence du Coran l’indique, tout comme Abû Thawr le reconnaît. Dès lors qu’on avance la prétention d’un consensus, deux cas se présentent :
- Nous affirmons que la divergence est avérée ; or, lorsqu’on sait qu’il existe une divergence, la prétention d’un consensus est irrecevable. Il est vrai qu’Abû Thawr n’a peut-être pas eu connaissance du désaccord au sujet de l’expiation, mais d’autres que lui en ont été informés ; de même qu’un autre groupe a prétendu l’existence d’un consensus sur l’obligation de l’affranchissement objet d’un serment, alors que d’autres encore avaient vent d’une divergence qui ne leur était pas parvenue. L’exposé détaillé de cette divergence est développé ailleurs.
Si l’on établit ainsi, devant ce contestataire, l’existence de la divergence, son affirmation s’effondre. Il a d’ailleurs été montré, peu auparavant, que l’ouvrage d’où il a tiré le prétendu consensus sur la réalisation effective du divorce conditionnel destiné à être exécuté rapporte, dans ce même ouvrage, la divergence concernant le divorce conditionnel employé comme serment ; on y trouve mention des trois opinions suivantes :
— doit-il procéder à une expiation ? — ou bien n’expie-t-il pas et le divorce ne s’applique pas ? — ou bien le divorce s’applique sans