Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Ainsi, si le divorce n’était pas, à plus forte raison, digne de ne pas se produire comparativement à l’affranchissement, et si les Compagnons – qu’Allāh les agrée – avaient déclaré, s’agissant du serment assorti d’affranchissement, qu’il ne s’impose pas, il ne serait nullement permis de prétendre qu’ils font une distinction entre celui-ci et le divorce, ce qui rendrait alors leur propos défectueux.
Bien plutôt, il faut dire : s’ils se sont prononcés ainsi pour l’affranchissement, il leur était loisible d’étendre ce même principe au divorce sans que leur parole en devienne contradictoire ; telle est une réponse correcte qu’on peut donner en leur faveur, même si l’on ne connaît pas textuellement leur position.

Deuxièmement : il convient de dire que nous ne concédons pas que les écoles juridiques ne puissent être connues par l’analogie. Au contraire, les avis des mujtahidûn se déduisent, dans leurs propos, de ce qui les indique : formulations générales, expressions d’alerte, implications par l’accord ou la divergence d’un terme (mafhūm al-muwāfaqa wa-l-mukhālafa), argumentations, et analogies a fortiori. C’est de la sorte même que l’on connaît la règle fixée par le Législateur, et, de la même manière, que l’on saisit l’intention des autres savants dans leurs ouvrages. Ainsi, lorsque l’avis d’un savant est connu au sujet d’un cas donné, on connaît, a fortiori, son opinion pour ce qui relève davantage de ce même jugement (1).

Nous disons encore : si les propos des savants ne pouvaient être rapportés qu’au moyen d’une formulation explicite, à l’exclusion de tout ce qui révèle leur intention – telle l’analogie à plus forte raison, l’argumentation, et autres – il ne serait pas permis de rapporter de quiconque parmi les Compagnons ou les Tābiʿīn qu’il aurait dit : « Tout serment impliquant le divorce entraîne le divorce lorsque l’on y manque », ni : « Quiconque suspend le divorce à une condition voit le divorce prendre effet lorsque ladite condition se réalise » ; car une telle formulation générale n’a jamais été transmise d’aucun Compagnon ni Tābiʿī. L’opposant a déjà recensé leurs paroles et rassemblé, à ce sujet, des avis dont certains servent son propos, tandis que d’autres ne l’appuient pas. Il n’a toutefois rapporté aucune parole générale des Compagnons et des Tābiʿīn, seulement des avis particuliers relatifs à des cas précis.

Par conséquent, si les écoles ne pouvaient être établies par analogie, le fait, pour lui ou pour d’autres, d’attribuer cette thèse à l’un quelconque des pieux prédécesseurs constituerait un mensonge à leur encontre ; et si déjà l’imputer à l’un d’entre eux – fût-ce à un seul – est un mensonge, que dire, à plus forte raison, de la prétention de l’avoir rapportée de chacun d’eux, un par un !

(1) Voir ce qui précède, p. 85.
فلو لم يكن الطلاق أولى بألا يقع من العتق، وكان الصحابة قد قالوا في الحلف بالعتق لا يلزم = لم يجز أن يقول هم يفرقون بينه وبين الطلاق فيكون قولهم فاسدًا، بل يقول: إذا قالوا بذلك في العتق أمكنهم طرد ذلك في الطلاق ولم يتناقض قولهم، وكان هذا جوابًا صحيحًا عنهم وإن لم يعرف قولهم. الثاني: أَنْ يقال: لا نُسَلِّم أَنَّ المذاهب لا تُعرف بالقياس، بل مذاهب المجتهدين تُعرف بما يدل عليها من كلامهم من عموم وتنبيه خطاب ومفهوم موافقة ومفهوم مخالفة ومن تعليل وقياس أولى؛ كما يُعرف بذلك حكم صاحب الشرع، بل كما يُعرف بذلك مراد سائر العلماء في كتبهم، فإذا عرف قول العالم في قضيةٍ عُلِمَ قوله فيما هو أولى بذلك الحكم (١) . ثم نقول: إِنْ كانت أقوال العلماء لا تنقل بما يدل على مرادهم من قياس أولى وتعليل وغير ذلك بل بالنص الخاص = لم يجز أن ينقل عن أحد من الصحابة والتابعين أنه قال: إِنَّ كلَّ حالف بالطلاق يلزمه الطلاق إذا حنث، ولا كُلَّ مَنْ عَلَّقَ الطلاق بصفة يقع به إذا وجدت الصفة، فإنَّ هذا اللفظ العام في ذلك لم ينقل عن أَحَدٍ من الصحابة والتابعين، وقد تقدم ما استقصاه المعترض من أقوالهم، وما جمع في ذلك من أقوالٍ بعضها يدل على مراده وبعضها لا يدل، ولم ينقل في ذلك قولًا عامًّا عن الصحابة والتابعين، وإنما نَقَلَ أقوالًا خاصة في قضايا خاصة؛ فإنْ [٢٣٣/ ب] كانت المذاهب لا تُنقل بالقياس فنقله ونقل غيره لهذا القول عن أحدٍ من السلف كذبٌ عليهم، وإذا كان النقل عن بعضهم ولو أنه واحدٌ كذبًا، فكيف بنقلٍ عن كل واحد واحد
(١) انظر ما تقدم (ص ٨٥).

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