Il s’agit d’une question faisant l’objet de controverse. Or, si les Compagnons – qu’Allāh les agrée – n’ont pas fait valoir l’affranchissement assorti d’un serment, ils ne feront, à plus forte raison et a fortiori, pas valoir le divorce assorti d’un serment ; ils ne te concèderont donc pas la sentence que tu avances au sujet du divorce. Cela constitue une démonstration de leur refus d’admettre ce jugement concernant le divorce et met en lumière leur science et leur mérite : ils sont bien trop éminents pour ignorer la corruption d’une distinction qui n’échapperait même pas aux enfants parmi les étudiants en jurisprudence, au point de te concéder le divorce tout en niant l’affranchissement. En vérité, s’ils n’ont pas rendu effectif l’affranchissement – bien qu’il constitue une œuvre vertueuse –, il est d’autant plus évident qu’ils ne rendront pas effectif le divorce ; ils t’en interdiront la sentence, de sorte que l’analogie que tu as invoquée contre eux ne tient pas.
Si, de surcroît, aucun propos des Compagnons n’est rapporté au sujet du divorce, que son évocation ne leur soit même pas venue à l’esprit, et que l’analogie les eût contraints à faire advenir l’affranchissement comme advient le divorce, il ne serait pas permis d’affirmer qu’ils font advenir le divorce, alors qu’il est plus digne encore de ne pas advenir que l’affranchissement – lequel, lui, est déjà objet de divergence. Leur attribuer, dans un tel contexte, la conviction de la survenance du divorce et leur imputer cette distinction fallacieuse serait leur mentir et leur faire injustice.
Quant à l’affirmation : « Ils tiennent cette position par voie de priorité », on entend par là que cela constitue une implication nécessaire de leur parole ; cette implication nécessaire atteste la justesse et la cohérence de leur propos, tandis que son contraire supposerait la corruption et la contradiction de leur propos.
Le corollaire d’une école, qu’il soit ou non considéré comme appartenant à cette école, s’il témoigne de la solidité et de la rectitude de ladite école, ne comporte aucun reproche pour celui qui le soutient ni pour son école ; il constitue au contraire une défense de ce dernier et de son propos – à l’inverse d’un corollaire qui impliquerait la corruption et l’incohérence de sa parole.
Ainsi, lorsqu’un savant émet une opinion dont l’implication nécessaire confirme la droiture et la pertinence de sa parole, l’interlocuteur qui plaide en sa faveur dira, à celui qui cherche à lui imposer cette implication : « Il l’admet, et cela ne lui porte aucun préjudice. » (1)