Il ne s’agit là que d’une classification proposée par l’objecteur.
Même si l’on admettait que le répondant n’ait absolument pas mentionné la divergence dans sa réponse, le simple fait qu’il ait écrit : « La question du divorce fait l’objet d’une divergence » constitue, de sa part, une affirmation catégorique de l’existence de cette divergence. L’objection formulée par son contradicteur — « D’où la tient-il donc, puisqu’il ne l’a pas mentionnée dans sa réponse ? » — est dénuée de fondement. En effet, le répondant ne tire pas sa science de ce seul écrit ; quand bien même cet élément ne figurerait pas dans cette consultation, irait-on lui demander : « D’où le sais-tu ? » ? Quel homme sensé prétendrait que la seule source possible de ce savoir devrait se trouver dans la présente fatwā ? Lorsqu’un savant expose un point dans un ouvrage et ne l’évoque pas dans un autre, pourrait-on lui dire : « D’où tiens-tu cela, puisque tu ne l’as pas mentionné ici ? »
Dans une réponse succincte, il suffit de dire : « Quant au divorce, la question fait l’objet d’une divergence » ; il n’était pas nécessaire, ici, d’étayer cette divergence, car il s’agissait de répliquer à celui qui arguait de l’autorité des Compagnons. C’est donc à celui qui brandit leur autorité qu’il incombe de prouver leur consensus.
Ainsi, si l’on répond : « Nous ne reconnaissons pas d’emblée la validité du jugement initial », il appartient alors à l’adversaire de l’établir par un texte révélé ou par le consensus des Compagnons. Le répondant, de son côté, a exposé la base de sa réserve afin qu’on ne croie pas qu’il se soit contenté d’un simple refus sans précédent. Il a déclaré : « Les Compagnons n’avalisaient pas le jugement relatif au divorce, car une divergence rapportée existe à ce sujet ; dès lors, l’argument de celui qui les invoque ne tient pas tant qu’il n’aura pas établi le fondement par un texte ou par le consensus d’un Compagnon. » Il en va différemment d’une question pour laquelle aucune divergence n’a jamais été signalée : on pourrait, dans ce cas, penser qu’elle faisait toujours l’objet d’un consensus.
Cinquième point : quant à son affirmation : « L’établissement d’une priorité, à le supposer valable, n’autorise pas pour autant la transmission », deux réponses s’imposent :
- La mention de cette priorité (al-awlawiyyah) n’a d’autre but que de réfuter l’argument de celui qui entendait opposer les Compagnons ; il avait en effet soutenu son raisonnement par l’analogie entre le serment d’affranchissement et le serment de divorce. On lui a donc rétorqué : « Le divorce… »