Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

On lui rétorquera :
Il a mentionné cet avis au même titre que les deux autres, précisant ainsi que la question compte trois positions. Or, le fait de n’avoir pas cité l’auteur ne signifie nullement qu’il n’existe pas d’autorité connue qui le soutienne ; l’omission du nom dans la réponse à une fatwā ne constitue absolument pas une preuve. Bien plus, quand même l’auteur demeurerait inconnu, si celui qui rapporte la divergence est quelqu’un qui connaît les divergences des savants, son témoignage prévaut sur la parole de celui qui les nie.

Les livres regorgent en effet de propos rapportés en tafsīr, en fiqh, en uṣūl et dans d’autres disciplines ; nombre de transmetteurs n’y nomment pas l’auteur de maints avis. Il arrive même, lorsqu’ils relatent la doctrine de certains juristes, qu’ils citent les deux orientations sans nommer ceux qui les ont émises ; parfois ils nomment l’auteur de l’une et omettent celui de l’autre.

Ainsi, si l’on suppose qu’un savant affirme catégoriquement qu’il existe deux opinions sur la question, tandis qu’un autre déclare : « Je n’y connais aucune divergence », il est, sans nul doute, obligatoire de privilégier la parole de celui qui affirme l’existence d’un désaccord sur celle de celui qui la nie, car il en a connaissance. De même, si l’un atteste l’existence de la divergence et l’autre la nie catégoriquement, l’affirmation l’emporte de droit sur la négation (1).

Abû Muḥammad Ibn Ḥazm, dans son ouvrage al-Ijmāʿ (2), a rapporté les trois opinions sans nommer l’auteur de chacune d’elles. Quant à l’auteur de la réponse, il a rédigé une réplique brève, improvisée pour celui qui la lui demandait ; il a consigné ce qu’il lui était possible d’écrire sur le moment, en mentionnant les noms qu’il lui était aisé de citer. Il ne s’agissait pas d’un traité dans lequel on recense les avis, leurs auteurs, leurs chaînes de transmission et les personnes qui les ont rapportés ; tout cela se trouve déjà dans les ouvrages spécialisés consacrés à cette question, même si cela ne figure pas dans la réponse à cette consultation qu’il qualifie de

(1) Aṣl al-fiqh wa-Ibn Taymiyya, vol. 1, p. 195. (2) p. 301.
فيقال له: قد ذَكَرَ هذا القول كما ذكر القولين الآخرين، وذكر أَنَّ في المسألة ثلاثة أقوال، ولا يلزم إذا لم يُسَمِّ قائله ألا يكون قولًا له قائلٌ معروف، فعدم تسميته في جواب فتيا ليس بحجة أصلًا، بل لو لم يعلم اسم قائله وقد نَقَل النزاع فيه ناقل يَعرفُ نزاعَ العلماء = كان نقله مقدمًا على نقل النافي. وهذه الكتب مملوءة بذكر الأقوال في التفسير والفقه والأصول وغير ذلك، وكثير من الناقلين لا يُسمي القائل في كثيرٍ من الأقوال، حتى في نقل مذهب بعض الفقهاء كثيرًا ما يذكرون الوجهين، ولا يسمون مَنْ قالهما، وقد يسمون القائل لأحدهما ولا يسمون قائل الآخر. فإذا قُدِّرَ عالمٌ جَزَمَ بأنَّ في المسألة قولين، وآخر قال: لا أعلم فيها نزاعًا؛ لوجب ــ بلا ريب ــ تقديم قول الجازم بالنزاع على النافي لعلمه بالنزاع، بل لو جزم أحدهما بثبوت النزاع وجزم الآخر بنفيه = لَقُدِّمَ المثبتُ على النافي (١) . وقد نقل أبو محمد بن حزم في كتاب (الإجماع) (٢) الأقوال الثلاثة، ولم يُسَمِّ قائلَ هذا ولا هذا ولا هذا، والمجيب أجاب بجواب مختصر على البديهة لمن طلب منه الجواب، فكتب ما تيسر كتابته إذ ذاك، وَسَمَّى ما تيسرت تسميته، ولم يكن ذلك مصنفًا تذكر فيه الأقوال وقائلوها والأسانيد إليهم وذكر من نقل ذلك عنهم، بل ذلك مذكور في المصنفات في هذه المسألة، وإن لم يكن ذلك مذكورًا في جواب ذلك الاستفتاء الذي يسميه
(١) أصول الفقه وابن تيمية (١/ ١٩٥). (٢) (ص ٣٠١).

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