On lui rétorquera :
Il a mentionné cet avis au même titre que les deux autres, précisant ainsi que la question compte trois positions. Or, le fait de n’avoir pas cité l’auteur ne signifie nullement qu’il n’existe pas d’autorité connue qui le soutienne ; l’omission du nom dans la réponse à une fatwā ne constitue absolument pas une preuve. Bien plus, quand même l’auteur demeurerait inconnu, si celui qui rapporte la divergence est quelqu’un qui connaît les divergences des savants, son témoignage prévaut sur la parole de celui qui les nie.
Les livres regorgent en effet de propos rapportés en tafsīr, en fiqh, en uṣūl et dans d’autres disciplines ; nombre de transmetteurs n’y nomment pas l’auteur de maints avis. Il arrive même, lorsqu’ils relatent la doctrine de certains juristes, qu’ils citent les deux orientations sans nommer ceux qui les ont émises ; parfois ils nomment l’auteur de l’une et omettent celui de l’autre.
Ainsi, si l’on suppose qu’un savant affirme catégoriquement qu’il existe deux opinions sur la question, tandis qu’un autre déclare : « Je n’y connais aucune divergence », il est, sans nul doute, obligatoire de privilégier la parole de celui qui affirme l’existence d’un désaccord sur celle de celui qui la nie, car il en a connaissance. De même, si l’un atteste l’existence de la divergence et l’autre la nie catégoriquement, l’affirmation l’emporte de droit sur la négation (1).
Abû Muḥammad Ibn Ḥazm, dans son ouvrage al-Ijmāʿ (2), a rapporté les trois opinions sans nommer l’auteur de chacune d’elles. Quant à l’auteur de la réponse, il a rédigé une réplique brève, improvisée pour celui qui la lui demandait ; il a consigné ce qu’il lui était possible d’écrire sur le moment, en mentionnant les noms qu’il lui était aisé de citer. Il ne s’agissait pas d’un traité dans lequel on recense les avis, leurs auteurs, leurs chaînes de transmission et les personnes qui les ont rapportés ; tout cela se trouve déjà dans les ouvrages spécialisés consacrés à cette question, même si cela ne figure pas dans la réponse à cette consultation qu’il qualifie de