qu’il produise à l’appui un texte du Livre ou de la Sunna ; or une telle preuve est inexistante ; en conséquence, le jugement qui en conclut à l’obligation est nul et non avenu.
Quatrième point :
Sa déclaration selon laquelle « il ne l’a rapportée de personne sous la forme qu’il invoque ; à savoir l’obligation de l’expiation » appelle deux réponses.
Première réponse : la discussion porte sur l’analogie qui assimile l’affranchissement au divorce quant à leur caractère obligatoire. Or, à propos du divorce assorti d’un serment, deux controverses sont recensées — ainsi que l’ont signalé Ibn Ḥazm et d’autres. La première est de savoir s’il s’agit d’un véritable divorce, auquel cas il devient effectif, ou d’un simple serment, auquel cas il ne produit aucun effet, que l’on considère ce serment comme valable et soumis à expiation, ou comme non valable et non soumis à expiation.
La seconde controverse, dans l’hypothèse où il s’agit d’un serment, concerne la catégorie même de ce serment. Chacune de ces deux formes de divergence suffit à empêcher l’analogie ; et quand bien même on supposerait qu’aucun des Anciens n’ait prescrit l’expiation pour le serment formulé sous forme de divorce, comme l’a rapporté Abû Thawr, il ne serait toujours pas permis d’y assimiler l’affranchissement assorti d’un serment.
En effet, on dira : le divorce assorti d’un serment ne se réalise pas et n’appelle aucune expiation, tandis que l’affranchissement ne se réalise pas mais exige une expiation. L’affranchissement est en effet un acte de rapprochement envers Allah qui devient obligatoire par le vœu ; si l’on en suspend la réalisation sous forme de serment, c’est comme si l’on en avait suspendu l’obligation ; et suspendre son obligation avec l’intention d’un serment entraîne l’expiation ; il en va donc de même lorsqu’on en suspend la réalisation.
Quant au divorce, si l’on en suspendait l’obligation, aucune expiation ne serait due selon de nombreux savants ; de même, celui qui suspend l’obligation du divorce dans un vœu de dévotion voit, selon eux, l’acte ne pas se réaliser et aucune expiation ne lui incomber. Il en est de même lorsque la suspension intervient sous forme de serment, ou lorsque la suspension de la réalisation vise l’intention d’un serment. Et quand bien même on supposerait que certains des pieux prédécesseurs l’aient affirmé, cela demeurerait une opinion connue.
Dès lors, s’ils déclarent : « L’affranchissement assorti d’un serment n’est pas contraignant mais impose une expiation, tandis que le divorce n’est ni contraignant ni soumis à expiation », une telle position serait recevable et défendable ; l’attribuer à ces savants serait, dès lors, plus adéquat que