Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Tant qu’il ne s’agit pas d’un consensus infaillible ni que son statut ait été établi par un texte explicite du Livre et de la Sunna, il n’est pas permis d’affirmer péremptoirement qu’il faut assimiler l’affranchissement au divorce ; dans ces conditions, il devient donc impossible de leur opposer un argument fondé sur le divorce, et c’est précisément ce que l’on recherchait.

Quant au praticien de l’analogie, il lui incombe de démontrer que la règle relative au cas d’origine est établie, soit par un texte, soit par le consensus des Compagnons. Or la transmission d’un consensus par Abû Thawr et ses semblables ne fournit ni science certaine ni même présomption qu’un seul d’entre eux ait exprimé cet avis, et encore moins qu’ils y aient tous consenti ; il se peut, en effet, que le « consensus » qu’ils ont cru constater soit celui de la génération postérieure.

Troisièmement, on dira que l’existence d’une divergence au sujet du divorce est mieux attestée que l’affirmation de son absence ; cette divergence est rapportée de Tâwûs et de ceux qui l’ont suivi, d’Abû Ǧaʿfar, de Ǧaʿfar ibn Muḥammad et de leurs partisans, d’Abû ʿAbd ar-Raḥmân ach-Shâfiʿî, de Dâwûd, d’Ibn Ḥazm et de ceux qui partagent leur position, et la parole de quelques-uns d’entre eux suffit pour établir la dissension.

Depuis que les Anciens ont traité cette question, il n’est pas d’époque qui n’ait compté des personnes déclarant : « Le divorce assorti d’un serment ne devient pas effectif. »

Ainsi, puisque la divergence est avérée au sujet du divorce, quiconque (1) entend argumenter contre ceux qui ne sont ni Compagnons ni Successeurs en assimilant l’affranchissement au divorce, alors même qu’ils lui refusent la règle dans le cas d’origine, doit établir sa preuve à partir du Livre et de la Sunna ; il lui est impossible de le faire ni par consensus ni par analogie, car il n’existe pas ici de précédent auquel mesurer le divorce assorti d’un serment, celui-ci constituant déjà le premier cas pour ceux qui ont cherché à y comparer l’affranchissement.

Il appert donc que nul ne peut, dans cette affaire, produire une preuve valable, à moins de

(1) Orthographe selon le copiste : « لِمَن ».
إجماع معصوم، أو قد ثبت حكمه بنص من كتاب وسنة = لم يجز أن يجزم بوجوب قياس العتق عليه، فيمتنع ــ والحالة هذه ــ أَنْ يقوم عليهم حجة بالطلاق وهو المطلوب. والقائس الجامع هو الذي عليه بيان ثبوت الحكم في الأصل إما بنص وإما بإجماع منهم، وَنَقْلُ مثل أبي ثور وأمثاله للإجماع لا يُفيد لا علمًا ولا ظنًّا بأنَّ واحدًا منهم قال ذلك، فضلًا عن إجماعهم؛ لجواز أَنْ يكون الإجماع الذي ظَنَّهُ إجماعُ مَنْ بعدهم. الوجه الثالث: أَنْ يقال: النزاع ثابت في الطلاق أقوى من ثبوت نفي النزاع؛ فإنه منقول عن طاووس وَمَنْ وافقه، وعن أبي جعفر وجعفر بن محمد ومن وافقهما، وعن أبي عبد الرحمن الشافعي وعن داود وابن حزم ومن وافقهم، وببعض هؤلاء يثبت النزاع، ولم يزل النزاع في ذلك من حين تكلم السلف في هذه المسألة لم يكن عصرٌ من الأعصار إلا وفيه مَنْ يقول: إنَّ الطلاق المحلوف به لا يلزم. وإذا كان النزاع ثابتًا في الطلاق؛ فمن (١) احتج على من دون الصحابة والتابعين بقياس العتق على الطلاق فمنعوه الحكم في الأصل= احتاج أَنْ يقيم عليه حجة من كتاب وسنة، ولم يمكنه إقامته هنا بإجماع ولا بقياس، لأنه ليس هنا أصل يقاس به الطلاق المحلوف به إذ كان هو الأصل الأول عند من قاس عليه. فتبين أَنَّ هذه المسألة لا يمكن أحدًا أَنْ يحتجَّ فيها بحجة صحيحة إِنْ لم
(١) رسمها الناسخ: (لِمَن).

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