Il a été établi que la cause légale dont la validité est attestée par la Loi révélée ne peut être restreinte qu’en raison de la disparition d’une condition ou de l’existence d’un empêchement ; dans ce cas, les situations d’exception se trouvent circonscrites par une caractéristique qui impose de les distinguer des autres. Faute de quoi, il serait inadmissible d’attribuer au Législateur – le plus sage des sages – qu’Il institue une différence entre des choses identiques ou qu’Il assimile des éléments dissemblables, ou encore qu’Il fasse tantôt produire, tantôt ne pas produire, son effet à la raison motivant la disposition, alors qu’aucune des deux situations ne se singularise par un élément justifiant l’affirmation ou la négation. Pareille attitude ne pourrait émaner que d’un être contradictoire, déficient en science ou en sagesse ; il n’agit ainsi que par insuffisance de connaissance ou par insuffisance de sagacité.
Or Lui – exalté soit-Il – est Savant, Sage, au-dessus de tout savant et de tout sage ; il est donc impossible que, dans Sa Loi qu’Il a révélée par le Sceau des Messagers, le meilleur d’entre eux et le plus parfait en science et en sagesse, se trouve la moindre contradiction qui laisserait présumer une imperfection de son Auteur. Puisqu’une telle imperfection impliquerait nécessairement (1) un défaut de science ou de sagesse chez celui qui l’a promulguée, et qu’Allâh – glorifié et sanctifié soit-Il – est infiniment au-dessus d’une telle attribution, l’absence de la conséquence prouve l’absence de la cause (2).
L’essentiel est que Abû Thawr – qu’Allâh lui fasse miséricorde – a exposé son opinion : ces formules conditionnelles constituent des serments entrant dans la parole du Très-Haut : « Voilà l’expiation de vos serments lorsque vous avez juré » (Al-Mâʾidah, 89). L’apparence du Coran atteste ainsi que l’expiation concerne tous ces serments, qu’il s’agisse de jurer par le divorce, par l’affranchissement ou par toute autre formule. Où donc situer la parole d’Abû Thawr face à celle de cet objecteur qui nie qu’il s’agisse de serments et refuse de les inclure dans le texte coranique ? Il apparaît clairement que ce qu’a avancé Abû Thawr est un argument contre lui et non en sa faveur, et qu’Abû Thawr n’a distingué entre