Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

il n’en obtient qu’une seule (1). De même, le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — déclara à Saʿd ibn Muʿādh, lorsqu’il statua au sujet des Banû Qurayza : « Tu as prononcé à leur encontre le jugement d’Allah, au-dessus de sept cieux. » (2)

Il dit encore — paix et bénédictions d’Allah sur lui — à l’un de ses émirs : « Lorsque tu assièges les habitants d’une forteresse et qu’ils te demandent de les faire sortir sous le jugement d’Allah, n’accepte pas qu’ils sortent sous le jugement d’Allah ; car tu ne sais pas quel est le jugement d’Allah à leur sujet. Fais-les plutôt sortir sous ton jugement et celui de tes compagnons. » (3)

De même, Sulaymân — sur lui la paix — formula trois invocations en disant : « Je Te demande un jugement conforme à Ton jugement. » (4)

Il en va de même pour l’orientation vers la Kaʿba lorsqu’elle est incertaine : quatre groupes prient alors, chacun se dirigeant, suivant son propre ijtihâd, vers une direction différente. Tous sont dans le vrai en ce qu’ils obéissent à Allah, mais un seul d’entre eux fait réellement face à la Kaʿba.

L’intention ici est la suivante : si le contradicteur avance, à propos des Compagnons — qu’Allah les agrée —, qu’ils peuvent écarter l’application de la règle originelle, celui qui leur répond n’aura d’argument valable qu’en établissant cette règle par un texte explicite ou par un consensus survenu à leur époque. Il devra soit rapporter l’unanimité des Compagnons, au temps d’Ibn ʿUmar, de Ḥafṣa et de Zaynab, sur le fait que le divorce juré prend effet, soit montrer [230/A] que les muftis, concernant l’affranchissement, partagent cette même position sur la validité du divorce juré.

(1) Rapporté par Ibn al-Jarûd (n° 996) et par Abû ʿAwâna dans son Musnad (t. 4, p. 168) d’après le hadith d’Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée). On le trouve également chez al-Bukhârî (n° 7352) et Muslim (n° 1716) d’après le hadith d’Amr ibn al-ʿÂṣ (qu’Allah l’agrée) dans la formule suivante : « Lorsque le juge statue et qu’il s’efforce (ijtihâd) puis qu’il parvient à la bonne conclusion, il obtient deux récompenses ; lorsqu’il statue, qu’il s’efforce et qu’il se trompe, il obtient une récompense. » (2) Voir supra, p. 39. (3) Voir supra, p. 39. (4) Voir supra, p. 40.
فله أجر» (١) ، وكما قال النبي - صلى الله عليه وسلم - لسعد بن معاذ لَمَّا حكم في بني قريظة: «لقد حكمت فيهم بحكم الله من فوق سبع سموات» (٢) ، وكما قال - صلى الله عليه وسلم - لأميره: «وإذا حاصرت أهل حصن فسألوك أَنْ تُنزلهم على حكم الله، فلا تنزلهم على حكم الله؛ فإنك لا تدري ما حكم الله فيهم، ولكن أنزلهم على حكمك وحكم أصحابك» (٣) ، وكما دعا سليمان ــ عليه السلام ــ بثلاث دعوات، فقال: أسألك حكمًا يوافق حكمك (٤) . وهذا كجهة الكعبة إذا اشتبهت، وصلى أربعة طوائف كل طائفة باجتهادها إلى جهة، فالكل مصيبون بمعنى: أنهم مطيعون لله، والذي أصابَ جهة الكعبة واحدٌ منهم. والمقصود هنا: أنه إذا قال المناظر عن الصحابة ــ رضوان الله عليهم ــ أنهم قد يمنعون حكم الأصل، لم يكن للمحتج عليهم جواب إلا بأن يثبت حكم الأصل بنصٍّ أو إجماعٍ في زمنهم، بأن ينقل إجماع الصحابة في زمن ابن عمر وحفصة وزينب على أَنَّ الطلاق المحلوف به يقع، أو أَنْ ينقل [٢٣٠/ أ] أَنَّ المفتين في العتق يوافقونه على وقوع الطلاق المحلوف به.
(١) أخرجه ابن الجارود (برقم ٩٩٦)، وأبو عوانة في مسنده (٤/ ١٦٨) من حديث أبي هريرة - رضي الله عنه -. وهو عند البخاري (٧٣٥٢)، ومسلم (١٧١٦) من حديث عمرو بن العاص - رضي الله عنه - بلفظ: «إذا حكم الحاكم فاجتهد ثم أصاب فله أجران، وإذا حكم فاجتهد ثم أخطأ فله أجر». (٢) تقدم تخريجه (ص ٣٩). (٣) تقدم تخريجه (ص ٣٩). (٤) تقدم تخريجه (ص ٤٠).

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