Un prétendu consensus des Compagnons au sujet de l’effectivité du divorce ne constituerait nullement une preuve opposable à ceux (1) qui ont émis la fatwâ prescrivant l’expiation lorsqu’on prête serment par l’affranchissement ; il n’existe, à cet égard, ni texte explicite, ni consensus, et l’on ne saurait même affaiblir cette opinion.
Quant aux autres que Ibn ‘Umar, à supposer qu’un autre Compagnon ait donné un avis rendant le divorce obligatoire, cet avis n’en deviendrait pas pour autant contraignant (2). Or, rien de tel n’a été rapporté de façon explicite de la part d’aucun d’entre eux. Comment pourrait-on alors imposer aux plus grands des Compagnons et aux éminents Successeurs une distinction qui reviendrait à les taxer d’erreur, de peu de science et de jurisprudence, alors qu’aucun propos ne l’atteste, tout au contraire ? N’est-ce pas là une manière pour la dernière partie de la communauté de dénigrer sa première, en prétendant que les derniers seraient plus juristes et plus savants que les premiers ? Cela relève des discours des gens de l’innovation.
Ceux qui s’opposent à ces Compagnons ne disposent — louange à Allah — ni d’un texte du Livre, ni d’une Sunnah, ni d’un consensus, ni d’une analogie valable, ni d’un argument intelligible ; ils ne s’appuient que sur une conjecture erronée qui ne vaut rien face à la vérité. Cette conjecture les a entraînés dans des conséquences qui les ont conduits à altérer les sens du Livre et de la Sunnah, à dénigrer les Compagnons du Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — ainsi que les imâms des Successeurs qui les ont suivis avec excellence, et même à bouleverser la législation (3) islamique : ils réhabilitent ce qu’Allah, exalté soit-Il, et Son Messager ont abrogé, et abrogent ce qu’Allah et Son Messager ont confirmé.
Cela dit, celui d’entre eux — ou d’autres — parmi les alliés pieux d’Allah qui L’aura craint autant qu’il l’aura pu sera (4) récompensé pour son effort d’interprétation et pour sa piété, et son erreur lui sera pardonnée tant que ses capacités ne lui auront pas permis d’atteindre la vérité.