au sujet de l’affranchissement et du vœu, il existe un récit établissant la mise à exécution, et nul n’a rapporté de lui la moindre distinction entre le divorce, l’affranchissement et le vœu, et encore moins entre le divorce et l’affranchissement ; dès lors, si l’on admet qu’il a rendu un avis imposant la mise à exécution du divorce assorti d’un serment, cela concorde (1) avec la version où il a statué l’obligation de l’affranchissement et du vœu lorsqu’ils sont jurés. Cet avis a d’ailleurs été rapporté de lui, pour ce qui concerne le vœu, par la voie de Sâlim, et pour les deux cas par la voie de ‘Uthmân ibn Hâdir.
De plus, relativement au vœu de charité portant sur un bien, trois versions sont rapportées d’Ibn ‘Umar. Si l’avis en question correspond à l’une de ses deux versions, il lui est loisible – lorsque celui qui conteste l’autre version recourt à l’analogie avec le divorce et l’oblige à reconnaître qu’il a émis cette fatwâ – de répondre :
« Je n’ai émis cet avis qu’en vertu de mon opinion selon laquelle l’engagement conditionnel devient obligatoire, même lorsqu’il a été voulu comme serment ; quant à mon autre opinion, d’après laquelle celui qui a eu l’intention d’un serment doit s’acquitter d’une expiation, je n’ai pas rendu cet avis. »
Une telle réponse, si Ibn ‘Umar la fournissait, serait des plus justes et des plus cohérentes. Pourquoi donc affirmerions-nous qu’Ibn ‘Umar serait incapable de donner une réponse droite et correcte, témoignant de sa science et de sa perspicacité, et l’obligerions-nous à adopter une réponse dont l’erreur nous est connue chez quiconque la formule, comme s’il était parmi les moins instruits en science et en jurisprudence ?
Même à supposer qu’Ibn ‘Umar – qu’Allah l’agrée, lui et son père – ait admis pour le divorce une seule version, comme le pense cet objecteur, et qu’il faille le considérer fautif lorsqu’il a statué l’expiation dans le cas du serment par l’affranchissement, au motif qu’il n’aurait, prétend-on, qu’une seule version en matière de divorce, cela ne serait, au mieux, qu’un argument dialectique par lequel ils croient démontrer l’erreur d’Ibn ‘Umar. Or, le fait qu’Ibn ‘Umar soit en accord avec eux n’implique nullement que l’ensemble des Compagnons qui ont émis la fatwâ d’expiation pour le serment d’affranchissement, ni d’autres encore, aient unanimement reconnu l’effectivité du divorce, aussi longtemps qu’il n’existe ni texte explicite ni