Ainsi, il apparaît clairement que cette analogie (qiyâs) ne peut être opposée aux Compagnons et aux Successeurs si le cas de base n’est pas établi par un texte. Et quand bien même supposerait-on l’existence d’un consensus postérieur à ce sujet, il ne serait pas licite de s’en prévaloir contre eux ; à plus forte raison lorsqu’aucun consensus, ni ancien ni récent, n’existe.
Le répondant qui plaide la cause des éminents Compagnons et Successeurs – qu’Allah les agrée – a dit : « Le fondement auquel il a assimilé l’affaire est irrecevable. Pour lever cette irrecevabilité, la simple prétention à un consensus tardif, même avérée, ne suffit pas ; on ne saurait invoquer un consensus que s’il s’agissait du consensus même des Compagnons – qu’Allah les agrée – affirmant que le divorce prononcé sous forme de serment devient effectif, et ce, quand bien même cette affirmation serait rapportée explicitement d’un, deux ou trois d’entre eux. Faudrait-il alors que ceux qui soutiennent l’expiation (kaffâra) en matière d’affranchissement leur concèdent le même jugement pour le divorce ? Bien au contraire, ils contestent ce point, et seul le Livre et la Sunna pourront départager les deux parties. Or, rien de semblable n’a été transmis d’aucun Compagnon ; bien au contraire, les textes établis venant d’eux démontrent l’égalité des deux cas quant à l’obligation d’expiation et à l’absence de mise à exécution.
Si l’on objecte : « On rapporte pourtant d’Ibn ‘Umar – qu’Allah l’agrée, lui et son père – et d’autres, des avis juridiques relatifs au divorce suspendu à une condition (1), et certains laissent entendre que celui qui pose la condition prêtait serment »,
nous répondons : « Ce qui est rapporté d’Ibn ‘Umar – qu’Allah l’agrée, lui et son père – ne montre pas clairement qu’il s’agissait d’un serment, et encore moins cela n’est-il exprimé explicitement. Et à supposer même qu’Ibn ‘Umar – qu’Allah l’agrée, lui et son père – ait émis un avis rendant le divorce obligatoire pour l’auteur d’un tel serment, cela correspondrait à l’une des deux versions rapportées de lui, car il est également rapporté de sa part, au sujet du serment... »