du fait qu’il est subordonné à une condition ; l’acte se réalise donc dès que la condition se produit, à l’instar du divorce.
Le débatteur répondit alors au nom des Compagnons et des Tābiʿīn – lesquels étaient, en dignité et en nombre, supérieurs à ceux de leurs contemporains qui les contredisaient – en réfutant l’analogie et en montrant la nullité de la distinction entre le contre-exemple présenté et les autres cas, comme cela a déjà été exposé.
Il formula, pour les défendre, une seconde réponse : la contestation même du jugement dans le cas d’origine de l’analogie. En effet, il est notoire, d’après l’accord des savants, que le raisonneur par analogie n’est autorisé à raisonner que sur la base d’un cas d’origine établi soit par consensus, soit par preuve scripturaire. Si ce cas d’origine est attesté par un texte et par l’unanimité de la Umma, il constitue alors la meilleure base à partir de laquelle on peut raisonner par analogie. S’il est attesté uniquement par un texte, et que l’adversaire en conteste l’application, la majorité autorise le fait d’établir son jugement au moyen du texte, puis d’effectuer l’analogie à partir de lui ; la contestation du jugement du cas d’origine n’entraîne donc pas une rupture de l’argumentation.
Certains dialecticiens ont soutenu qu’il y aurait là une rupture, sous prétexte qu’il s’agirait de passer à une autre question. Il n’en est rien : il s’agit plutôt d’établir, par une preuve, l’une des prémisses de l’argument. Si la contestation de l’une des prémisses devait entraîner une rupture et interdire d’apporter la preuve correspondante, la porte de la discussion et de l’argumentation se trouverait fermée ; le partisan du faux triompherait du partisan de la vérité sans la moindre science, rien qu’en opposant un simple refus. De plus, le débatteur vient après le chercheur : il expose donc la voie par laquelle le jugement est connu.