Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Ibn Khuwayz Mindād (1) a rapporté cette opinion parmi les divergences attribuées à l’imâm Aḥmad.
Or, il s’agit là d’une erreur (2) à l’encontre d’Aḥmad, ainsi que de tous ceux auxquels cette parole a été imputée parmi les savants musulmans. La cause de leur méprise est la suivante : Aḥmad, comme d’autres, se fonde sur la parole du Prophète — paix et bénédictions d’Allāh sur lui — : « L’expiation du vœu est celle du serment » (3). Ils ont alors cru qu’il permettait d’expier tout vœu sans l’accomplir. Or, nul savant musulman n’a jamais soutenu cette opinion ; bien au contraire, il est avéré qu’il s’agit d’une fausse attribution faite à Aḥmad et à ceux auxquels on l’a rapportée.

Aḥmad, et d’autres, rendent obligatoire l’expiation lorsqu’un vœu n’est pas accompli, que ce soit par négligence ou par incapacité. Aḥmad impose en outre un acte de substitution lorsque l’acte originel devient impossible, sans considérer que la simple expiation suffise. Toutefois, si la personne est incapable d’accomplir à la fois l’acte originel et son substitut, il lui impose l’expiation du serment. Celui qui est négligent doit accomplir le substitut et l’expiation ; s’il n’a pas été négligent, le substitut lui est imposé, et, quant à l’expiation, deux versions sont rapportées. Ainsi, celui qui a voué de jeûner des jours déterminés et rompt son jeûne pour une excuse, telle que la maladie, se voit prescrire le substitut — à savoir le rattrapage — et, concernant l’expiation, deux versions sont rapportées ; s’il rompt son jeûne sans excuse, on lui ordonne le substitut, c’est-à-dire le rattrapage, ainsi que l’expiation,

(1) À l’origine, le nom était « Jarīr Munḏādh », et la lecture correcte est celle que j’ai restituée. Il s’agit de Muḥammad b. Aḥmad b. ʿAbd Allāh — d’autres sources nomment ʿAlī — dont la kounya varie entre Abū Bakr et Abū ʿAbd Allāh. Il est l’auteur d’un traité volumineux sur le khilāf, possède des shawāḏh relatifs à Mālik et a rédigé des ikhtiyārāt et taʾwīlāt (choix et interprétations) relavant de la madhhab en fiqh et uṣūl, que les spécialistes de l’école n’ont pas examinés. Il est mort en 390 H. Voir sa biographie dans : Tartīb al-Madārik, t. 7, p. 77 ; al-Dībāj al-Madhhab, p. 268 ; Lisān al-Mīzān, t. 7, p. 359. (2) Ajout nécessaire au contexte. (3) Cette référence a déjà été citée en p. 92.
وذكره ابن خويز منداد (١) في خلافه عن أحمد. وهذا غلط [على أحمد] (٢) وعلى مَنْ نُقِلَ هذا عنه من علماء المسلمين؛ وسبب غلطهم عليه: أَنَّ أحمد وغيره يأخذون بقول النبي - صلى الله عليه وسلم -: «كفارة النذر كفارة يمين» (٣) فظنوا أنهم يجوزون تكفير كل نذر من غير وفاء، وهذا القول لا يُعرف عن أحد من علماء المسلمين، بل يعرف أنه كذب على أحمد وَمَنْ نُقِلَ عنه من العلماء. وأحمد وغيره يوجبون تكفير النذر إذا لم يُوفَ به إما لتفريط وإما لعجز. وأحمد يوجب البَدَل إذا تَعذَّر الأصل، ولا يقول بإجزاء الكفارة، لكن إذا عجز عن الأصل والبدل أوجب كفارة يمين، وَمَنْ فَرَّطَ أوجب عليه البدل والكفارة، وَإِنْ لم يُفَرِّط أوجب البدل وفي الكفارة روايتان، مثلُ ما إذا نذر صيام أيامٍ بعينها؛ فإنْ أفطر لعذر كالمرض أَمَرَهُ بالبدل وهو القضاء وفي الكفارة روايتان، وَإِنْ أفطر لغير عذرٍ أمره بالبدل وهو القضاء وبالكفارة،
(١) في الأصل: (جرير منذاذ)، والصواب ما أثبتُّ. وهو: محمد بن أحمد بن عبد الله ــ وقيل: علي ــ، واختلف في كنيته فقيل: أبو بكر، وقيل: أبو عبد الله. له كتابٌ كبيرٌ في الخلاف، وعنده شواذ عن مالك، وله اختيارات وتأويلات على المذهب في الفقه والأصول لم يُعرِّج عليها حُذَّاق المذهب، توفي سنة (٣٩٠). انظر في ترجمته: ترتيب المدارك (٧/ ٧٧)، الديباج المذهب (ص ٢٦٨)، لسان الميزان (٧/ ٣٥٩). (٢) إضافة يقتضيها السياق. (٣) تقدم تخريجه في (ص ٩٢).

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