La réfutation n’est donc pas valable, en raison de la distinction qu’il a rappelée ; car, si celle-ci avait été correcte, il n’aurait pas été possible de formuler une objection de type naqḍ contre une analogie, à moins qu’il n’existe aucune réponse à y opposer.
Deuxième aspect : nous disons que la distinction que tu as avancée est caduque pour sept raisons ; elle n’est ni constante dans le cas objet de la réfutation, ni réversible dans le cas de base, et elle ne produit aucun effet en droit révélé.
Explication : lorsque celui qui distingue oppose deux situations à l’aide d’une caractéristique qui entraîne le jugement pour l’une d’elles mais non pour l’autre – ainsi, lorsque nous différencions entre le vin (khamr) et le banj quant à l’application de la peine légale (ḥadd) – nous disons : le vin est enivrant ; il engendre plaisir et liesse, les âmes le convoitent et la nature y pousse, d’où la nécessité d’un frein légal. Quant au banj, bien qu’il abolisse la raison, il n’enivre pas ; il ne procure ni plaisir ni liesse, les âmes ne le désirent pas et les tempéraments n’y inclinent pas ; or ce qui est de cet ordre ne requiert pas une peine dissuasive, tout comme l’urine ou les excréments.
Conséquemment : le sang, la bête morte et la chair de porc ne sont pas passibles de ḥadd selon la majorité des savants, bien qu’il ait été rapporté d’al-Ḥasan qu’ils le sont, à l’instar du vin.