Il établit une distinction entre le cas du contre-exemple et le cas originel au moyen d’une différence commune à l’origine et à la branche, mais absente dans le contre-exemple. En effet, l’attribut (al-waṣf) se rencontre dans le cas originel conjointement au jugement, tandis qu’il apparaît dans le contre-exemple sans le jugement. Dès lors, rattacher la branche au cas originel n’est pas plus fondé que de la rattacher au contre-exemple ; l’attribut est présent dans les trois situations, alors que le jugement l’accompagne dans l’une et fait défaut dans l’autre, et le cas litigieux demeure possible des deux côtés. Il n’est donc pas plus légitime de l’assimiler, en raison de l’attribut, au cas originel que de l’assimiler, avec cet attribut, au contre-exemple.
Les opinions, ici, sont au nombre de trois, et ces trois avis se retrouvent dans l’école d’Aḥmad comme chez d’autres ;
Premièrement :
[220/b]
On n’admet aucune réponse à l’objection tirée du contre-exemple, parce que, disent-ils, dès qu’une ʿilla est particularisée, son invalidité devient manifeste.
Deuxièmement :
On admet la réplique à condition d’apporter une preuve qui particularise le contre-exemple en y constatant l’absence du jugement ; cela correspond à ceux qui autorisent la restriction de la ʿilla par toute preuve générale, et qui recourent à l’istihsân, lequel consiste à particulariser la cause par une simple preuve et non par un motif efficacient.
Troisièmement – et c’est l’avis le plus correct – :
On admet la réplique lorsqu’elle expose une différence agissante qui distingue le contre-exemple de l’origine et de la branche par un attribut qui lui est propre,(1) entraînant l’absence du jugement à son égard, par exemple lorsque le jugement fait défaut à cause de la disparition d’une condition ou de la présence d’un empêchement.(2)
Le litige entre ceux qui permettent de particulariser la ʿilla pour un motif agissant et ceux qui l’interdisent n’est qu’un différend verbal ; car on peut entendre par ʿilla la cause complète impliquant nécessairement le jugement,(3) et celle-ci relève