Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

La question de la muṣarrât (1) ; la prétention de ceux qui invoquent un ijmâʿ selon lequel le témoignage de l’esclave n’est pas recevable – alors qu’Anas ibn Mâlik rapporte [219/a] n’avoir jamais connu personne qui ait rejeté la déposition d’un esclave (2) – ; la prétention de ceux qui invoquent un ijmâʿ affirmant qu’il n’est pas permis de raccourcir la prière pour un voyage de moins de deux jours (3) ; et bien d’autres exemples du même ordre.

Quant à ceux, parmi les gens de science et de piété, qui s’imaginent l’existence d’un ijmâʿ, ce n’est que parce que les traditions exposant la divergence ne leur sont pas parvenues ; ceux-là sont donc excusés. D’autres, en revanche, reçoivent bel et bien des narrations établies, authentiques et reliées, qui contredisent l’ijmâʿ qu’ils imaginent ; ils empruntent alors la voie qu’a suivie cet objecteur : ils se mettent à discuter ces narrations pourtant solides quant à la chaîne et quant au texte, critiquant leur isnâd puis interprétant leur matn, sans disposer d’autre argument que la conjecture mensongère d’un ijmâʿ dépourvu de toute réalité.

C’est pour cette raison que les imâms de la Sunna, tel Aḥmad ibn Ḥanbal, rangeaient ces gens parmi les innovateurs répréhensibles. Il a en effet déclaré, selon le récit transmis par son fils ʿAbd Allâh : « Quiconque revendique un ijmâʿ a (4) menti ; il se peut que les gens aient divergé. Telle est la prétention de Bishr al-Marîsî et de al-Aṣamm. » (5) Or ces deux hommes comptent parmi les plus grands jurisconsultes des Jahmites.

Quant à al-Aṣamm, ʿAbd al-Raḥmân ibn Kaysân (6), il était l’un des principaux shaykhs des mutakallimûn de Baṣra ; il fut le maître d’Ibrâhîm ibn Ismâʿîl ibn ʿUlayya, qui débattait

(1) Voir ce qui précède (p. 186). (2) Voir ce qui précède (p. 187). (3) Voir ce qui précède (pp. 183, 695). (4) Dans l’original : « فَهُوَ », et la lecture correcte est celle que j’ai rétablie. (5) Déjà cité en p. 604. (6) Voir sa notice dans : Ṭabaqāt al-Muʿtazila, p. 56; Tahdhīb al-Asmāʾ wa-l-Lughat, t. 2, p. 300; Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ, t. 9, p. 402; Lisān al-Mīzān, t. 5, p. 121; Ṭabaqāt al-Mufaṣṣirīn li-Dāwūdī, t. 1, p. 274.
المُصَرَّاة (١) ، ودعوى من ادعى الإجماع على أنه لا تقبل شهادة العبد، وأنس بن مالك يَذْكُرُ [٢١٩/ أ] أنه لم يَعرف أحدًا رَدَّ شهادة العبد (٢) ، ودعوى من ادعى الإجماع على أنه لا تُقصر الصلاة في أقل من يومين (٣) ، ومثل هذا كثير. ثم من كان من الظانين للإجماع من أهل العلم والدين، إنما يظنه لأنه لم تبلغه الآثار في النزاع فهو معذور، وآخرون تبلغهم الآثار الثابتة المسندة في خلاف ما يظنونه من الإجماع، فيسلكون السبيل التي سلكها هذا المعترض، يسلكون في تلك الآثار الثابتة سندًا ومتنًا ثم إلى تعليل سندها وتأويل متنها، وليس معهم ما يعارضها إلا ظَنٌّ كاذب لإجماع لا حقيقة له. ولهذا كان أئمة السنة كأحمد بن حنبل يَعُدُّ هؤلاء من أهل البدع المذمومة، كما قال في رواية ابنه عبد الله: (مَنِ ادعى الإجماع فقد (٤) كذب، لعل الناس اختلفوا، هذه دعوى بشر المريسي والأصم) (٥) . وهذان من أكابر فقهاء الجهمية. أما الأصم عبد الرحمن بن كيسان (٦) : فكان من أكابر شيوخ أهل الكلام بالبصرة، وهو شيخ إبراهيم بن إسماعيل بن عُلَيَّة الذي كان يناظر
(١) انظر ما تقدم (ص ١٨٦). (٢) انظر ما تقدم (ص ١٨٧). (٣) انظر ما تقدم (ص ١٨٣، ٦٩٥). (٤) في الأصل: (فهو)، وصوابها ما أثبتُّ. (٥) تقدم في (ص ٦٠٤). (٦) انظر ترجمته في: طبقات المعتزلة (ص ٥٦)، تهذيب الأسماء واللغات (٢/ ٣٠٠)، سير أعلام النبلاء (٩/ ٤٠٢)، لسان الميزان (٥/ ١٢١)، طبقات المفسرين للداوودي (١/ ٢٧٤).

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