Quant à la classification des avis des savants qui ne repose sur aucun récit rapporté du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue —, des Compagnons ou des Successeurs, il s’agit là d’une innovation introduite par les générations tardives ; rien de semblable n’existait à l’époque des Anciens. Une telle tâche ne convient même pas aux maîtres des maîtres de l’objecteur, à plus forte raison à lui-même et à ses semblables.
Il te suffira, comme preuve de la corruption qu’il inflige aux propos des Anciens, de considérer ce qu’il a fait de cet athar célèbre auprès d’eux, qu’ils ont unanimement accueilli avec agrément et certitude et dont ils connaissaient le sens : il a troqué leur consensus contre une critique de sa chaîne de transmission et en a dénaturé la signification ; puis il s’appuie sur eux pour rapporter un consensus qu’un seul d’entre eux a transmis, suivi par certains et contesté par d’autres, alors que ce transmetteur ne possède, en réalité, qu’une conjecture qui n’a aucune valeur face à la vérité. Il délaisse ainsi ce qu’ils ont eux-mêmes rapporté, ce qu’ils ont déclaré authentique et reçu avec agrément, et il argumente, à partir de leurs transmissions, par ce qui n’est, au mieux, qu’une supposition — à moins que ce ne soit une erreur. Que dire lorsque l’erreur est avérée !
Telle est l’habitude des gens de l’ignorance et de l’innovation : ils discréditent les transmissions solides et établies, tandis qu’ils se prévalent de récits faibles. Ce trait est bien connu chez eux, tant dans les questions de fond que dans les questions de détail. Ainsi, au sujet de la vision (d’Allah), on les voit délaisser les hadiths authentiques et mutawâtir, reçus avec agrément par les spécialistes du hadith, ainsi que les récits concordants des Compagnons et des Successeurs, pour se tourner vers des athar faibles et caducs, qui ne proviennent que de narrateurs inconnus ou suspectés.
De même, relativement aux attributs d’Allah — Très-Haut — et à Son élévation, ils s’écartent de ce qui figure dans le Coran, les hadiths authentiques et les récits établis des Compagnons et des Successeurs, pour se rabattre sur des récits mawqûf ou marfûʿ fabriqués.
De même encore, les Râfidah délaissent les hadiths authentiques et mutawâtir pour se tourner vers