Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Quant au second […] (1).
Il est répondu :

S’agissant de sa parole : « Quant au premier cas, soit on s’y oblige selon la doctrine d’Abû Thawr, en distinguant entre le divorce et l’affranchissement », on dira :

Premièrement : tu déclares Abû Thawr ainsi que ceux qui partagent son avis dans l’erreur.

Deuxièmement : cette position n’est pas conforme à celle d’Abû Thawr ; en effet, Abû Thawr considérait qu’il s’agissait là d’un serment parmi les serments des musulmans, s’appuyait sur le Coran et disait : « L’exigence même de la preuve est que l’expiation s’applique à tous les serments, sauf si un consensus particulier s’est formé en sens contraire » — tel n’était pas, qu’Allah lui fasse miséricorde, le fondement d’Abû Thawr.

L’auteur a d’ailleurs cité textuellement les propos d’Abû Thawr :

« Abû Thawr a dit : “Quiconque prête serment par l’affranchissement est redevable de l’expiation du serment et aucun affranchissement ne s’impose à lui.” »

Il a ajouté :

« En effet, Allah a prescrit dans Son Livre l’expiation du serment pour tout celui qui jure, lorsqu’Il dit : ﴿ Telle est l’expiation de vos serments lorsque vous avez juré ﴾ [al-Mâʾida : 89], c’est-à-dire : puis que vous les rompez. »

Abû Thawr a encore déclaré :

« Ainsi, tout serment qu’une personne a prêté puis violé entraîne, d’après le sens apparent du Livre, l’obligation d’une expiation, à moins que la communauté n’ait entériné l’absence d’expiation dans un cas déterminé. Or elle n’a formulé un tel consensus que pour le ṭalâq ; en conséquence, nous avons levé l’obligation d’expiation pour celui qui jure par le divorce et nous lui avons appliqué le divorce, en vertu du consensus ; quant à l’affranchissement, nous avons maintenu l’expiation, car la communauté ne s’est pas accordée pour l’écarter. » (2)

(1) Dans l’original, « bayāḍ » désigne un espace dont la largeur équivaut à deux mots. (2) Transmission du propos d’Abū Thawr : Muḥammad b. Naṣr al-Marwazī, Kitāb Ikhtilāf al-fuqahāʾ (p. 492). Al-Subkī rapporte dans al-Taḥqīq (p. 44 b) les paroles d’Abū Thawr par l’intermédiaire de l’Istidhkār d’Ibn ʿAbd al-Barr, lui-même l’ayant tiré du même ouvrage d’al-Marwazī. La discussion qu’en donne al-Mujīb se trouve aux pp. 603–608 et 823–827.
وأما الثاني [ ... ] (١) . فيقال: أما قوله: (أما الأول: فإما أنْ يلتزم ذلك على مذهب أبي ثورٍ ويُفرِّق بين الطلاق والعتق) فيقال: أولاً: أنتَ تُخطِّئ أبا ثورٍ ومن قال بقوله. وثانيًا: أنَّ هذا ليس موافقةً لأبي ثور؛ فإنَّ أبا ثور كانَ يجعل هذا يمينًا من أيمان المسلمين، ويحتجُّ بالقرآن، ويقول: إنَّ مقتضى الدليل أنَّ جميع الأيمان تجري فيها الكفارة إلا أنْ ينعقدَ الإجماعُ في صورةٍ على خلاف ذلك = لم يكن مأخذَ أبي ثورٍ - رحمه الله -. وقد ذَكَرَ هو نفسُهُ لفظَ أبي ثورٍ فقال: (قال أبو ثور: مَنْ حلفَ بالعتق فعليهِ كفارةُ يمين، ولا عِتْقَ عليه) . قال: (وذلك أنَّ اللهَ أوجبَ في كتابِهِ كفارةَ اليمين على كلِّ حالفٍ فقال: {ذَلِكَ كَفَّارَةُ أَيْمَانِكُمْ إِذَا حَلَفْتُمْ} [المائدة: ٨٩] يعني: فحنثتم) قال أبو ثور: (فكلُّ يمينٍ حَلَفَ بها الإنسانُ فَحَنِثَ فعليه الكفارة على ظاهرِ الكتاب إلا أنْ تجتمع الأمة على أنه لا كفارة عليه في شيءٍ ما، ولم يجتمعوا على ذلك إلا في الطلاق، فأسقطنا عن الحالف بالطلاق الكفارةَ، وألزمناه الطلاقَ للإجماع، وجعلنا في العتق الكفارة، لأنَّ الأمةَ لم تجتمع على ألا كفارةَ فيه) (٢) .
(١) بياض في الأصل مقدار كلمتين. (٢) نقل كلام أبي ثور: محمد بن نصر المروزي في كتابه اختلاف الفقهاء (ص ٤٩٢). ونقل السبكي في «التحقيق» (٤٤/ ب) كلام أبي ثور بواسطة الاستذكار لابن عبد البر، وابن عبد البر نقله من كتاب المروزي. وستأتي مناقشة المجيب لكلامه (ص ٦٠٣ - ٦٠٨، ٨٢٣ - ٨٢٧).

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