en opérant des modifications qui donnent lieu à de nombreuses erreurs, à l’image des Khurâsâniens qui ont transmis le madhhab de l’imâm al-Shâfiʿî en l’altérant, se trompant fréquemment dans ce qu’ils rapportent, à l’inverse de ceux qui en reproduisent les termes exacts, tels les Irakiens.
La transmission des doctrines des Anciens (al-Salaf) dans leurs propres expressions est donc plus fiable que la transmission, par certains, d’une partie seulement des enseignements d’imâms réputés.
Neuvième aspect :
Sa parole :
« Mais dans le Livre et la Sunna qu’Allah a pris en charge de préserver se trouve une suffisance dispensant de tout madhhab, et une richesse dispensant de l’opinion de quiconque » (1).
Nous disons : voilà qui est vrai pour celui qui s’appuie sur eux et rattache les jugements à ce qu’ils indiquent, tant par le texte explicite que par l’inférence. Quant à celui qui inverse cette méthode — annulant ce qu’ils établissent et considérant ce qu’ils ont annulé — il fait partie de ceux au sujet desquels le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a dit : « La Torah et l’Évangile ne se trouvent-ils pas chez les Juifs et les Chrétiens ? Que leur profitent-ils donc ?! » (2).
Tel est l’état des adeptes d’opinions innovées : ils ont posé pour eux-mêmes un principe sans Livre ni Sunna, puis ils ont interprété de façon forcée ce qui, dans le Livre et la Sunna, contredisait leur parole, à l’instar des Jahmites, des Râfidites et de leurs semblables parmi les gens de l’innovation. Toute assertion qui contredit l’indication du Livre et de la Sunna (217 b) est donc une parole innovée, même si son auteur est un mujtahid, digne de récompense et de pardon, fût-il parmi les meilleurs des premières ou des dernières générations.