à un degré de diffusion plus élevé que celui qu’atteignent nombre de doctrines des imâms auprès de leurs propres disciples(1).
Bien plus, son avis concernant la mutʿa et le ṣarf est plus célèbre que beaucoup d’énoncés de maîtres suivis parmi les savants, alors même qu’il s’agit d’un avis faible [217 a], contraire au Texte, et que la grande majorité de la communauté s’y oppose.
Si donc l’opinion isolée d’un Compagnon, malgré sa faiblesse, a été colportée de génération en génération et transmise par tawâtur au sein de la Umma, que dire alors de leurs avis solides, suivis par la plupart d’entre eux ?!
Le ḥadith de Laylâ bint al-ʿAǧmāʾ fait partie de ceux qu’a entérinés la majorité de la communauté — Compagnons, Successeurs et Successeurs des Successeurs —, et les jurisconsultes du ḥadith, tous sans exception, le mettent en pratique. Il est reçu chez eux, mutawâtir entre eux ; toutefois, certains n’en ont reçu qu’une partie des chaînes, d’autres une ou deux chaînes différentes. Tous ceux à qui il est parvenu l’ont confirmé et n’ont divergé en rien.
Ainsi, nul parmi ceux à qui est parvenue simultanément la voie d’Ashʿath et celle d’al-Taymî n’a contesté qu’il y soit mentionné le serment par l’affranchissement, exprimé par ses paroles : « Et tout esclave qui m’appartient est libre si je le fais. »
Tel est le cas d’Abû Thawr, Ibn Naṣr, Ibn Ǧarîr, Ibn al-Munḏir, Ibn ʿAbd al-Barr, Ibn Ḥazm et d’autres encore : tous ont établi dans ce récit la mention de l’affranchissement et l’ont transmise d’après ces Compagnons — qu’Allah les agrée.
Huitième aspect : son affirmation : « Nous aurions souhaité que ces doctrines fussent consignées comme l’ont été celles-ci »(2).
Nous répondons : Elles ont bel et bien été consignées — louange à Allah —, dans leurs termes mêmes, au sein d’autres ouvrages, exactement comme ont été consignés(3) les propos des imâms ; et celui dont les paroles sont transmises dans leur forme originelle est mieux servi que si l’on n’en rapportait que le sens.