leur intention, comme l’ont comprise l’ensemble des savants musulmans et comme ils ont transmis leurs écoles ; car – louange à Allah – il a rapporté leurs doctrines d’une manière authentique, tout comme l’avaient fait avant lui les érudits.
Quant aux savants auxquels est parvenue la tradition de Laylâ bint al-ʿAǧmâʾ, tous ont relayé des Compagnons leur avis relatif au serment par le vœu ; ils ont même transmis leur avis concernant le serment par l’affranchissement, ainsi qu’on le lit chez Abû Thawr, Muḥammad b. Naṣr, Muḥammad b. Ǧarîr, Abû Bakr b. al-Munḏir, Abû ʿUmar b. ʿAbd al-Barr, Abû Muḥammad b. Ḥazm et d’autres savants.
Celui qui n’avait pas entendu parler de l’affranchissement, ou l’avait entendu sans savoir que le hadith était établi, ne l’a pas transmis ; et celui qui, tel Abû Thawr, a évoqué un consensus en matière de divorce, a reconnu par là qu’il voulait seulement dire : « Je ne connais aucune divergence à ce sujet. »
De même, lorsque Aḥmad b. Ḥanbal a dit : « Seul Sulaymân al-Taymî l’a rapporté », il visait : « Je ne sais personne d’autre qu’al-Taymî qui l’ait transmis. » Ainsi, Aḥmad nie l’existence d’une autre chaîne selon ce qui lui est parvenu ; Abû Thawr nie, selon sa science, qu’il existe un autre avis en matière de divorce. Nier une transmission revient donc à nier un avis ; chacun le fait selon sa connaissance et son effort d’interprétation. Aussi arrive-t-il constamment que l’un atteigne ce qu’un autre n’atteint pas : il établit des récits ou des opinions ignorés de son confrère.
Septième aspect :
On dira que de nombreuses doctrines des Compagnons et des Successeurs ont été transmises dans la communauté, génération après génération ; certaines d’entre elles sont même rapportées par tawâtur de façon plus incontestable que beaucoup de doctrines d’imâms célèbres.
Ainsi, l’avis de Zayd – qu’Allah l’agrée – sur les parts d’héritage est plus célèbre dans la Umma que celui de n’importe lequel des quatre imâms en la matière ; de même, l’opinion de ʿUmar – qu’Allah l’agrée – au sujet de l’augmentation des parts (al-ʿawl) est, auprès de la communauté, plus connue que la plupart des doctrines des imâms chez leurs propres adeptes. De même encore, l’avis d’Ibn ʿAbbâs – qu’Allah les agrée tous deux – concernant al-ʿawl est connu de la majorité des savants et transmis de façon mutawâtir entre eux, bien que la plupart d’entre eux ne le suivent pas.