De plus, dans les questions au sujet desquelles les Successeurs se sont accordés sur l’une des deux opinions rapportées des Compagnons, leur unanimité ne s’est produite qu’après l’apparition d’une Sunnah qui fut à l’origine de ce consensus ; tel est le cas de la diya des doigts et du délai de viduité de la femme enceinte dont l’époux est décédé (1), ainsi que d’autres exemples à propos desquels aucun désaccord n’est connu parmi les savants renommés des générations postérieures – quand bien même pourrait-il exister une divergence dont nous n’aurions pas connaissance. Jamais, en effet, ils ne s’accorderaient sur une opinion alors que le Coran, la Sunnah et le qiyâs établissent le contraire ; cela ne s’est absolument jamais produit.
Quatrième aspect :
Tous les imâms de la communauté consignaient et transmettaient les paroles des Compagnons et des Successeurs dans les sciences religieuses ; pour eux, après les formulations coraniques et prophétiques, c’était là l’essence même du savoir. Les ouvrages rédigés, tels que le Muwaṭṭaʾ de Mâlik b. Anas, le Muṣannaf d’Ibn Jurayj, ceux de Saʿîd b. Abî ʿArûbah, de Ḥammâd b. Salamah et de Sufyân ath-Thawrî, en sont remplis. Après eux viennent Ibn al-Mubârak, Ibn Wahb, ʿAbd ar-Razzâq, Wakîʿ, ʿAbd ar-Raḥmân b. Mahdî, Saʿîd b. Manṣûr et d’autres. Plus tard, les livres d’ash-Shâfiʿî, d’Aḥmad b. Ḥanbal, d’Ishâq b. Râhawayh, d’Abû ʿUbayd, d’Abû Thawr, de Muḥammad b. Naṣr, etc., sont également remplis de leurs propos. De même, les ouvrages d’Abû Ḥanîfah, d’Abû Yûsuf et de Muḥammad b. al-Ḥasan regorgent d’avis rapportés des Compagnons et des Successeurs. Or, si leurs écoles ne pouvaient être connues à travers leurs propres formulations, il s’ensuivrait que les adeptes (2) des écoles juridiques reconnues, ainsi que les autres, se seraient accordés pour puiser la science dans des propos qui ne permettraient pas de connaître l’intention de leurs auteurs ; assertion qui ressemble fort à celle de celui qui prétend que