Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Nous aurions souhaité que ces écoles fussent consignées avec le même soin que celles-ci ; toutefois, dans le Livre d’Allah, — Très-Haut —, et dans la Sunna de Son Messager — paix et bénédictions d’Allah sur lui —, que le Seigneur s’est engagé à préserver par Sa parole :

« C’est Nous, en vérité, qui avons fait descendre le Rappel, et c’est assurément Nous qui en sommes les gardiens. » [Al-Ḥijr, 9]

se trouve une suffisance pour toute école et une dispense de l’opinion de tout autre que Lui.

L’un de nos maîtres m’avait suggéré de m’employer à réunir les récits qui nous parviennent touchant les madhhabs des Salaf. J’y ai donc consacré mes efforts (1), mais j’ai constaté que nombre d’entre eux étaient formulés en termes ni explicites, ni même clairs quant à l’intention qu’ils renfermaient ; je m’en détournai donc, et Allah sait mieux (2).

La réponse se décline en plusieurs points.
Premier point : la question ne porte pas sur la permission, pour le profane, de les imiter ; cela, d’abord, dépend de la licéité du taqlîd d’un savant défunt et de la connaissance précise de son opinion (3). Il s’agit plutôt de la transmission de leur consensus et de leurs divergences. Or, si les madhhabs des Salaf sont inconnus, il n’est pas permis d’arguer de leur consensus, qu’il s’agisse de celui des Compagnons, des Successeurs ou des Successeurs des Successeurs ; on ne peut invoquer que l’unanimité des adeptes des écoles codifiées et dûment rédigées.

Dès lors, on dira : la divergence existait déjà, à l’époque de ces imams, au sujet de la suspension du divorce à des qualificatifs, a fortiori s’agissant de jurer par le divorce, ainsi que du serment fondé sur l’affranchissement. Abû ‘Abd ar-Raḥmân ach-Shâfi‘î, en effet, vivait à l’époque d’ash-Shâfi‘î, d’Aḥmad ibn Ḥanbal, d’Isḥâq et d’autres imams célèbres, et il contesta la validité de la suspension du divorce à des qualificatifs.

(1) À l’origine : (في), la forme retenue est celle de « al-Taḥqīq ». (2) « al-Taḥqīq », p. 46/A. (3) Voir supra, pp. 279-280.
وكنَّا نود لو دُوِّنَتْ تلك المذاهب كما دونت هذه، ولكن في كتاب الله ــ تعالى ــ وسنة رسوله - صلى الله عليه وسلم - التي تَكَفَّلَ الله بحفظها بقوله: {إِنَّا نَحْنُ نَزَّلْنَا الذِّكْرَ وَإِنَّا لَهُ لَحَافِظُونَ} [الحجر: ٩] كفايةٌ عن كل مذهب، وغناءٌ عن قولِ كُلِّ قائل. ولقد كان بعض شيوخنا أشار عَليَّ بأنْ أعتني بجمع ما يتصل إلينا في الروايات من مذاهب السلف، فوجهت الهمة إلى (١) ذلك، فوجدت كثيرًا منها بألفاظ غير صريحة، بل ولا ظاهرةٍ فيما يُراد منها فانثنيتُ عن ذلك، والله أعلم) (٢) . والجواب من وجوه: أحدها: أنه ليس الكلام في جواز تقليد العامي لها، فإنَّ ذلك ــ أولًا ــ ينبني على جواز تقليد الميت، وعلى العلم بقوله (٣) ، وإنما الكلام في نقل إجماعهم ونزاعهم، فإنْ كانت مذاهب السلف لا تعلم، فلا يجوز الاحتجاج بإجماعهم، لا بإجماع الصحابة ولا التابعين ولا تابعيهم، وإنما يحتج بإجماع أهل المذاهب المصنفة التي صُنِّفَت فيها. وحينئذٍ؛ فيقال: الخلاف في زمن هؤلاء الأئمة موجود في تعليق الطلاق بالصفات، فضلًا عن الحلف به، وفي الحلف بالعتق ــ أيضًا ــ فإنَّ أبا عبد الرحمن الشافعي كان في عصر الشافعي وأحمد بن حنبل وإسحاق ونحوهم من أهل المذاهب المشهورة، وقد نازع في تعليق الطلاق بالصفات
(١) في الأصل: (في)، والمثبت من «التحقيق». (٢) «التحقيق» (٤٦/ أ). (٣) انظر ما تقدم (ص ٢٧٩ - ٢٨٠).

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