Il est bien établi que Tâwoûs (1), ʿAṭâʾ, al-Ḥasan, al-Qâsim, Sâlim, Sulaymân b. Yasâr et Qatâdah sont plus nombreux et plus éminents que Mujâhid, Saʿîd b. Jubayr et ʿAlî al-Azdî. Cependant, du fait que l’opinion imposant l’exécution immédiate de l’affranchissement s’est répandue chez les auteurs tardifs – et qu’elle constitue la position des Quatre imâms et de leurs disciples –, quiconque ignore les paroles des Anciens s’imagine qu’il s’agit d’un consensus, faute de connaître l’avis du Salaf.
La mise en lumière des propos des Pieux Prédécesseurs dans ce genre de questions compte, en vérité, parmi les bienfaits d’Allah – Très-Haut – accordés à la communauté. Le labeur fourni par cet objecteur et par ses semblables pour rechercher les paroles du Salaf dans de telles matières est un moyen par lequel Allah manifeste la religion et dévoile l’erreur de ceux qui présument l’existence d’un consensus infaillible sur une question où la majorité du Salaf tient une opinion contraire, comme l’attestent le Livre, la Sunna et la raison (2). Les exemples de ce type sont nombreux : des personnes y tombent dans l’erreur en croyant à des consensus dénués de réalité, parce que la pratique dominante à leurs yeux, pour diverses raisons, s’est répandue — qu’elle provienne du commun des gens, des gouvernants, ou des deux (3). Celui qui ne connaît rien d’autre en vient alors à penser qu’il s’agit là de l’avis de l’ensemble des savants musulmans. Nous avons déjà mentionné des exemples semblables en d’autres passages (4).
Cinquième point :
Il a dit : « C’est une méthode qu’on peut adopter (5) lorsque l’on a la certitude que tous les savants, à l’exception de cet Imâm, se rangent à l’une de ses deux opinions ; qu’on examine donc la question. »
Nous lui répondons : Nous avons bel et bien examiné et sondé la question, et nous avons trouvé que la majorité des savants parmi le Salaf sont d’avis