Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

s’ils venaient à disparaître sans qu’aucune divergence ne soit apparue, comme il a déjà été signalé (1). Dans le cas contraire, il est inconcevable que des personnalités telles que ʿAlī b. Abī Ṭālib, al-Ḥasan al-Baṣrī [210/b] et leurs semblables parmi les imams des Compagnons et des Successeurs soient accusés d’avoir enfreint le consensus infaillible et d’avoir suivi une voie autre que celle des croyants, alors même que le consensus s’est établi grâce à eux et qu’ils en représentent l’un des piliers. Faute d’apporter la preuve de leur égarement lorsqu’ils ont agi ainsi (2), l’énoncé selon lequel « l’avis rétracté qui contredit le consensus ne mérite aucune considération » demeure sans fondement.

Quatrièmement : nous soutenons que les Compagnons et les Successeurs auprès de qui il est rapporté que, pour un affranchissement assorti d’un serment, l’expiation est requise, sont plus nombreux et plus éminents que ceux de qui l’on rapporte l’obligation immédiate de l’affranchissement.

Concernant les Compagnons, cette opinion est transmise de Ibn ʿUmar, Ḥafṣa, Zaynab, ʿĀʾisha, Umm Salama et Ibn ʿAbbās – qu’Allāh les agrée ; elle est également rapportée de Ṭāwūs, al-Ḥasan, ʿAṭāʾ, al-Qāsim, Sālim, Sulaymān b. Yasār et Qatāda – qu’Allāh leur fasse miséricorde. Ibn Jarīr mentionne que cette position est rapportée de Ibn ʿUmar, ʿĀʾisha, Ḥafṣa, Umm Salama, ʿAṭāʾ, Ṭāwūs, al-Qāsim, Sālim ainsi que d’un grand groupe, fort nombreux, parmi les maîtres des Compagnons et des Successeurs.

Quant à l’opinion imposant d’office l’affranchissement, elle n’est attribuée à aucun Compagnon, si ce n’est dans une narration extrêmement faible, contredisant ce qui est authentiquement établi d’eux ; les savants se sont accordés pour délaisser cette narration et nul ne l’a appliquée dans son intégralité.

S’agissant des Successeurs, cela a déjà été évoqué (3) dans le ḥadith d’ʿAbd Allāh b. ʿUthmān (4), lequel rapporte : « Mon frère ʿUmar b. ʿUthmān a juré l’affranchissement de l’une de ses servantes, s’engageant à ne pas boire de sa main jusqu’à un terme déterminé… »

(1) Dans (p. 739). (2) Dans l’original : « إذا », et la lecture que j’ai établie est sans doute la plus proche. (3) Il se peut qu’il se trouve dans la première partie perdue de cet ouvrage. (4) Dans l’original : « عمر », attesté dans le Musannaf d’Ibn Abī Shayba.
إذا ماتوا ولم يتنازعوا؛ كما تقدم التنبيه عليه (١) ، وإلا فمثل علي بن أبي طالب والحسن [٢١٠/ ب] البصري وأمثالهما من أئمة الصحابة والتابعين أَجَلُّ قدرًا مِنْ أَنْ يقال عنهم إنهم خالفوا الإجماع المعصوم، واتبعوا غير سبيل المؤمنين، والإجماع إنما انعقد بهم، وهم أحدُ أركانه، فإنْ لم يُقِمْ دليلًا على ضلالهم إذ (٢) فعلوا ذلك = لم يتم قوله: (لا اعتبار بالقول المرجوع إليه المخالف للإجماع) . الوجه الرابع: أَنْ نقول: مَنْ نُقِلَ عنه من الصحابة والتابعين أَنَّ العتق المحلوف به يجب فيه الكفارة أكبر وأجل ممن نقل عنه القول بلزوم العتق؛ أما الصحابة: فهذا منقولٌ عن ابن عمر وحفصة وزينب وعائشة وأم سلمة وابن عباس - رضي الله عنهم -، ومنقولٌ عن طاووس والحسن وعطاء والقاسم وسالم وسليمان بن يسار وقتادة ــ رحمة الله عليهم ــ، وَذَكَرَ ابن جرير أنه روي هذا القول عن ابن عمر وعائشة وحفصة وأم سلمة وعطاء وطاووس والقاسم وسالم وجماعةٌ يَكْثُرُ عددهم من أئمة الصحابة والتابعين، وأما القول بلزوم العتق فلم يُنْقَل عن أحدٍ من الصحابة إلا في روايةٍ ضعيفةٍ جدًّا مخالفةٍ لِمَا ثبت عنهم بالأسانيد الثابتة، وقد اتفق العلماء على ترك العمل بتلك الرواية فلم يَعمل أحدٌ بجميع ما فيها. وأما التابعون؛ فقد تقدم هذا (٣) في حديث عبد الله بن عثمان (٤) قال: حَلَفَ أخي عمر بن عثمان بعتق جاريةٍ له أَلا يشرب من يدها إلى أَجَلٍ
(١) في (ص ٧٣٩). (٢) في الأصل: (إذا)، ولعل الأقرب ما أثبتُّ. (٣) لعله في الجزء الأول المفقود من هذا الكتاب. (٤) في الأصل: (عمر)، والمثبت من مصنف ابن أبي شيبة.

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