Les Successeurs et ceux qui vinrent après eux se sont accordés unanimement à s’en écarter : le consensus s’est donc établi sur le fait qu’il s’agit d’une erreur. Et si la vérité résidait dans l’une des opinions émises après les Compagnons, il en résulterait que le consensus des Compagnons serait erroné.
Il est donc avéré que, lorsque les Compagnons n’ont formulé que deux avis et que les Successeurs se sont mis d’accord pour invalider l’un d’eux, l’opinion correcte est forcément la seconde ; c’est celle mentionnée dans le ḥadith de Laylâ bint al-ʿAjamâʾ, où l’expiation s’effectue par l’affranchissement, entre autres formes.
Il s’ensuit également que le divorce conditionné par un serment n’entre, a fortiori, pas en vigueur. Ainsi, revendiquer l’existence d’un consensus sur l’inapplicabilité de l’affranchissement et du divorce ainsi jurés, par cette méthode d’argumentation ou par d’autres, est plus manifeste que de revendiquer le contraire, comme cela apparaît dans la voie défectueuse.
Il ne fait aucun doute que, s’il existe un consensus dans ces questions, il s’agit d’un consensus caché, dont l’établissement repose sur la probabilité ; il ne saurait être un consensus apparent, catégorique et connu de l’ensemble des savants. Dès lors, on se fonde sur les traditions authentiques et sur leurs implications nécessaires pour établir l’un des deux types de consensus, s’il en est un ; à défaut, c’est le Livre et la Sunna qui, par leurs textes explicites et par l’interprétation déductive, tranchent en détail la controverse.
Troisièmement : à supposer qu’al-Ḥasan, ou un autre mujtahid, ait formulé un avis en accord avec celui d’un tiers puis y ait renoncé — comme ʿAlī b. Abî Ṭâlib, qu’Allāh les agrée tous deux, avait souscrit à l’avis de ʿUmar b. al-Khaṭṭâb interdisant la vente des « mères d’enfants » avant de revenir sur cet avis (1) — cela repose sur la question de l’extinction de la génération.
Et celui qui soutient que le consensus ne se stabilise qu’après l’extinction de la génération dira qu’il est permis au mujtahid de contester après avoir initialement adhéré, et que ce n’est qu’alors que le consensus est pleinement réalisé.