Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Et lorsque les Compagnons se sont divisés en deux avis, il n’est pas permis, selon la majorité des savants, à ceux qui leur succèdent de forger une troisième opinion ; en effet, inventer une troisième parole revient à inventer une seconde, puisque la vérité ne sort pas des propos des Compagnons (1).

C’est pourquoi Aḥmad b. Ḥanbal a dit :

« Il incombe à celui qui prétend qu’il est loisible de délaisser leurs propos lorsqu’ils divergent, de reconnaître qu’il est tout aussi loisible de les délaisser lorsqu’ils s’accordent. » (2)

Il a dit également :

« Lorsque les Compagnons du Messager d’Allāh — paix et bénédictions d’Allāh sur lui — divergent, on choisit l’un de leurs avis sans s’écarter de leurs propos pour se tourner vers ceux qui sont venus après eux. » (3)

Telle est la position de la quasi-totalité des savants ; seuls quelques rares personnes l’ont contestée.

Dès lors, si les Compagnons n’ont émis que deux opinions — l’une imposant à la fois l’affranchissement et le vœu, l’autre prescrivant pour l’un et l’autre une expiation — et si la narration imposant ces deux obligations a été unanimement abandonnée par les Successeurs et ceux qui vinrent après eux, il s’ensuit nécessairement que l’avis prescrivant l’expiation est la position correcte, afin d’éviter d’imputer une erreur à l’ensemble des Compagnons ou des Successeurs. Car, si la version authentique était le ḥadith de ʿUthmān b. Ḥāḍir, et que

(1) Majmūʿ al-fatāwā, vol. 13, p. 59 ; vol. 15, p. 95 ; vol. 21, p. 291 ; vol. 27, p. 208 ; vol. 34, p. 125 ; al-Fatāwā al-Kubrā, vol. 6, pp. 498 et 524 ; Mukhtaṣar al-fatāwā al-miṣriyya, p. 625 ; Sharḥ ʿUmdat al-fiqh, vol. 1, p. 333 ; Tanbīh al-rajul al-ʿāqil, vol. 2, p. 609 et suiv. (2) Il l’affirme dans la version de ʿAbd Allāh et d’Abū al-Ḥārith, comme le rapporte Abū Yaʿlā dans al-ʿIdda (vol. 4, pp. 1059 et 1113) et dans al-Maswadda (vol. 2, p. 616). On trouve une position proche dans Masa’il Ṣāliḥ (vol. 2, p. 165). (3) Il l’affirme dans la version d’al-Aṯram, comme le mentionne Abū Yaʿlā dans al-ʿIdda (vol. 4, p. 1113). Al-Khaṭīb al-Baghdādī rapporte dans al-Fiqh wa-l-Mutafaqqih (vol. 1, p. 534), et Ibn al-Jawzī dans Taʿẓīm al-fatāyā (p. 67), d’après al-Aṯram, que cette pratique revient à l’imam Aḥmad.
وإذا اختلف الصحابة على قولين؛ لم يكن لمن بعدهم إحداث قول ثالثٍ عند عامة العلماء، فإنَّ إحداثَ قول ثالث كإحداث قول ثانٍ، إذ كان الصواب لا يخرج عن أقاويل الصحابة (١) ؛ ولهذا قال أحمد بن حنبل: (يلزم مَنْ قال: يخرج من أقاويلهم إذا اختلفوا: أَنْ يخرج من أقاويلهم إذا اجتمعوا) (٢) . وقال ــ أيضًا ــ: (إذا اختلف أصحاب رسول الله - صلى الله عليه وسلم - تَخَيَّرَ من أقاويلهم [٢١٠/ أ] ولا يخرج عن قولهم إلى مَنْ بعدهم) (٣) ، وهذا قول عامة العلماء، وإنما نازع في ذلك شذوذ. وحينئذٍ؛ فإذا لم يكن للصحابة إلا قولان، قول بلزوم العتق والنذر وقول بتكفيرهما جميعًا، والرواية بلزومهما متروكة باتفاق التابعين بعدهم = تعين أَنْ يكون القول بتكفيرهما هو القول الصواب، لئلا يلزم اتفاق الصحابة أو التابعين على الخطأ، فإنه إِنْ كان الصواب حديث عثمان بن حاضر، وقد
(١) مجموع الفتاوى (١٣/ ٥٩) (١٥/ ٩٥) (٢١/ ٢٩١) (٢٧/ ٢٠٨) (٣٤/ ١٢٥)، الفتاوى الكبرى (٦/ ٤٩٨) (٦/ ٥٢٤)، مختصر الفتاوى المصرية (ص ٦٢٥)، شرح عمدة الفقه (١/ ٣٣٣)، تنبيه الرجل العاقل (٢/ ٦٠٩ وما بعدها). (٢) نصَّ على ذلك في رواية عبد الله وأبي الحارث؛ كما نقله أبو يعلى في العدة (٤/ ١٠٥٩) (٤/ ١١١٣)، والمسودة (٢/ ٦١٦). وقريب منه ما ذكره صالح في مسائله (٢/ ١٦٥). (٣) نصَّ على ذلك في رواية الأثرم؛ كما نقله أبو يعلى في العدة (٤/ ١١١٣). وروى الخطيب البغدادي في الفقه والمتفقه (١/ ٥٣٤)، وابن الجوزي في تعظيم الفتيا (ص ٦٧) عن الأثرم هذا الأمر من فعل الإمام أحمد.

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