Et lorsque les Compagnons se sont divisés en deux avis, il n’est pas permis, selon la majorité des savants, à ceux qui leur succèdent de forger une troisième opinion ; en effet, inventer une troisième parole revient à inventer une seconde, puisque la vérité ne sort pas des propos des Compagnons (1).
C’est pourquoi Aḥmad b. Ḥanbal a dit :
« Il incombe à celui qui prétend qu’il est loisible de délaisser leurs propos lorsqu’ils divergent, de reconnaître qu’il est tout aussi loisible de les délaisser lorsqu’ils s’accordent. » (2)
Il a dit également :
« Lorsque les Compagnons du Messager d’Allāh — paix et bénédictions d’Allāh sur lui — divergent, on choisit l’un de leurs avis sans s’écarter de leurs propos pour se tourner vers ceux qui sont venus après eux. » (3)
Telle est la position de la quasi-totalité des savants ; seuls quelques rares personnes l’ont contestée.
Dès lors, si les Compagnons n’ont émis que deux opinions — l’une imposant à la fois l’affranchissement et le vœu, l’autre prescrivant pour l’un et l’autre une expiation — et si la narration imposant ces deux obligations a été unanimement abandonnée par les Successeurs et ceux qui vinrent après eux, il s’ensuit nécessairement que l’avis prescrivant l’expiation est la position correcte, afin d’éviter d’imputer une erreur à l’ensemble des Compagnons ou des Successeurs. Car, si la version authentique était le ḥadith de ʿUthmān b. Ḥāḍir, et que