Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

De plus, les deux avis – l’ancien et le nouveau – émis par un savant s’apparentent aux paroles de deux savants distincts ; ils ne ressemblent aucunement au cas d’un Prophète qui abrogerait son premier propos par le second. Il s’agit plutôt de deux opinions entre lesquelles la vérité peut se trouver dans l’une comme dans l’autre.

Les savants, parmi les hanbalites et d’autres écoles, ont divergé au sujet du mujtahid qui possède deux avis, l’un antérieur et l’autre postérieur : convient-il de lui attribuer son premier avis au même titre que le second ? Deux positions célèbres existent à ce propos.

Mieux encore, lorsqu’il déclare explicitement se rétracter du premier avis, considère-t-on encore ce premier comme étant le sien ? Là aussi, deux opinions sont rapportées ; car le mujtahid n’est pas un Prophète dont on puisse affirmer avec certitude que sa seconde parole abroge la première. Il a formulé son premier avis par ijtihâd, tout comme il a formulé le second par ijtihâd, à l’instar du mujtahid qui, dans la question de la qibla, penche d’abord pour une direction puis, ensuite, pour une autre : il se peut que son premier effort d’interprétation ait été plus correct, exactement comme lorsqu’il y a divergence entre deux jurisconsultes.

Lorsque le profane (muqallid) est confronté à deux ijtihâds divergents de deux savants, soit on lui laisse la possibilité de choisir, soit il privilégiera l’un des deux : soit en raison des qualités personnelles du savant – son savoir et sa piété –, soit en raison de ce qui lui apparaît de la force de son avis par rapport à celui de l’autre. Le développement détaillé de ce point se trouve ailleurs.

Notre propos présent n’implique pas nécessairement toute cette discussion ; toutefois, l’objection qui nous est faite y a introduit des éléments qu’elle ne requérait pas.

Ainsi donc, lorsque les principes et les fondements méthodologiques de l’Imâm exigent la prépondérance de son premier avis, celui-ci est retenu ; de même, si les preuves scripturaires corroborent son premier avis, c’est lui qui prévaut. Par conséquent, si l’un de ses disciples, dont le taqlîd est recevable, adopte ce premier avis, le profane le suit également.

(1) Voir ce qui précède (p. 278 et suivantes). (2) al-Fatâwâ al-Kubrâ, vol. 5, p. 556 ; al-Masawwadah, vol. 2, p. 955.
وأيضًا؛ فالقولان المتقدم والمتأخر للعالم كقول عالمين، ليسا كقول نبي نَسَخَ بآخر قوليه قولَه الأول، بل هما كقول عالمين يجوز أَنْ يكون الحق في كلٍّ منهما. وقد تنازع العلماء من أصحاب أحمد وغيرهم فيما إذا [٢٠٩/ أ] كان للمجتهد قولان متقدم ومتأخر، هل يضاف إليه القول الأول كما يضاف إليه المتأخر؟ على قولين مشهورين لهم. بل إذا صَرَّحَ بالرجوع عن القول الأول، هل يجعل الأول قولًا له؟ (١) على قولين؛ لأنَّ المجتهد ليس بنبي يُجزم بأنَّ قوله الثاني ناسخ للأول، بل هو قال أولًا باجتهاده كما قال ثانيًا باجتهاده؛ كالمجتهد في القبلة إذا ترجَّح عنده أولًا أنها في جهة ثم ترجح عنده ثانيًا أنها في جهة أخرى، فقد يكون اجتهاده الأول أصوب، كما لو اختلف اجتهاد رجلين. والمقلِّد إذا اختلف عليه اجتهاد عالمين: فإما أَنْ يُخَيَّر، وإما أَنْ يُرَجِّحَ أحدَهما إما ترجيحًا بصفاته كالعلم والدين، وإما ترجيحًا بما يظهر له من رجحان قولِهِ على قولِ غيرِهِ، وبسط هذه له موضع آخر (٢) . وليس كلامنا فيما نحن فيه مستلزمًا لهذا، لكن المعترض أَدْخَلَ في ذلك ما لا يستلزمه؛ وعلى هذا: فإذا كانت قواعد الإمام وأصوله تقتضي رجحان قوله الأول قُدِّمَ، وكذلك إذا كانت أدلةُ الشَّرْعِ توافقُ قولَهُ الأول كان هو الراجح، وإذا قَدَّمَ مَنْ يسوغ تقليده مِنْ أصحابِهِ قولَهُ الأول قَلَّدَهُ العامي،
(١) انظر ما تقدم (ص ٢٧٨ وما بعدها). (٢) الفتاوى الكبرى (٥/ ٥٥٦)، المسوَّدة (٢/ ٩٥٥).

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