Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Et le second avis veut que la divergence s’éteigne ; tel est l’avis de nombreux muʿtazilites, des disciples d’Abû Ḥanîfa et de certains compagnons d’ash-Shâfiʿî ; c’est également le choix d’Abû l-Khaṭṭâb et d’autres (1).

Le fondement de cette question est le suivant : la parole d’un savant décédé doit-elle, ou non, être prise en considération ?

On dira donc : si les opinions meurent avec le décès de leurs auteurs, et qu’il ne faille tenir compte que des paroles des vivants, il ne serait plus permis d’imiter l’un quelconque des quatre imâms ni quiconque d’autre ; l’argument sur lequel s’appuie cet objecteur et ses semblables, lorsqu’ils rapportent les doctrines suivies, s’écroulerait donc de lui-même.

Et s’il n’est pas permis de les imiter [208/A], il ne resterait alors que l’imitation de celui qui, parmi les gens de l’époque, est mujtahid ; on ne tiendrait compte que de sa divergence, à l’exclusion de celle des quatre imâms et des autres.

Dans cette hypothèse, la plupart de ceux qui contestent sur cette question ne sont que des suiveurs ; ils ne connaissent rien des preuves scripturaires ni des positions des savants. Ceux qui s’étaient déjà engagés dans la controverse – avant l’apparition de cet objecteur et de ses semblables – ne connaissent pas davantage les différentes opinions et les arguments qu’elles comportent ; leurs propos ne méritent donc aucune considération et il leur incombe de garder le silence à ce sujet.

En effet, la parole se fonde soit sur le taqlîd – or, par hypothèse, le taqlîd des morts est illicite –, soit sur l’argumentation et l’ijtihâd, lequel exige nécessairement la connaissance des avis des deux parties et de leurs preuves ; à défaut, ce n’est qu’un discours dépourvu de science, et cette condition n’a pas été satisfaite (2).

(1) Majmūʿ al-fatāwā (vol. 20, p. 584 ; vol. 23, p. 399), al-Fatāwā al-Kubrā (vol. 2, p. 328), al-Mustadrak ʿalā Majmūʿ al-fatāwā (vol. 2, pp. 121–124). Voir également : al-Fuṣūl fī al-Uṣūl (vol. 3, p. 339), al-Mustasfā (vol. 2, p. 389), al-ʿIdda (vol. 4, p. 1105), al-Burhān (vol. 1, p. 454), at-Tamhīd (vol. 3, p. 346 et suiv.). (2) at-Tamadhdhhub (vol. 3, p. 1220 et suiv.).
والثاني: يرتفع؛ وهو قول كثيرٍ من المعتزلة، وأصحاب أبي حنيفة، وبعض أصحاب الشافعي، وهو اختيار أبي الخطاب وغيره (١) . وأصلُ هذه المسألة: أَنَّ قولَ الميت هل يُعْتَدُّ بِهِ أم لا؟ فيقال: إِنْ كانت الأقوال تموت بموت قائلها، ولا يعتد إلا بأقوال الأحياء = لم يجز تقليد أحد من الأئمة الأربعة ولا غيرهم، وبطل اعتمادُ مِثْلِ هذا المعترض وأمثالِهِ على ما ينقلونه من المذاهب المتبوعة. وإذا لم يجز تقليدهم [٢٠٨/ أ] لم يَبْقَ إلا تقليدُ مَنْ كان مجتهدًا في أهل العصر، ولم يعتد إلا بخلافه لا بخلاف الأربعة وغيرهم. وحينئذٍ؛ فالمنازعون في هذه المسألة عامتهم مقلدون، لا يعرفون ما فيها من الأدلة الشرعية ومذاهب العلماء، والذين انتدبوا للمعارضة فيها ــ قبل المعترض وأمثاله ــ لا يَعرفون ما فيها من الأقوال والأدلة، فلا يُعْتَدُّ بقولهم فيها = فوجب عليهم السكوت عن الكلام فيها، لأنَّ الكلام إما بتقليد ــ والتقدير: أَنَّ تقليد الموتى لا يجوز ــ، وإما بالاستدلال والاجتهاد فلا بُدَّ معه من معرفة الأقوال من الطرفين وما فيها من الأدلة، وإلا كان كلامًا بلا علم، ولم يوجد ذلك (٢) .
(١) مجموع الفتاوى (٢٠/ ٥٨٤) (٢٣/ ٣٩٩)، الفتاوى الكبرى (٢/ ٣٢٨) المستدرك على مجموع الفتاوى (٢/ ١٢١ - ١٢٤). وانظر: الفصول في الأصول (٣/ ٣٣٩)، المستصفى (٢/ ٣٨٩)، العدة (٤/ ١١٠٥)، البرهان (١/ ٤٥٤)، التمهيد (٣/ ٣٤٦ وما بعدها). (٢) التمذهب (٣/ ١٢٢٠ وما بعدها).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies