Quant à ceux qui rejettent le qiyâs, ils ne s’appuient guère que sur l’istishhâb ou sur les textes d’ordre général. Quant aux esprits brouillons qui, dans cette question, ne distinguent pas le qiyâs valable du vicié, mais rattachent les prescriptions aux qualités vaguement similaires et aux sens qu’il leur vient à l’esprit d’imaginer comme étant la cause du jugement dans la Sharîʿa sans qu’aucune preuve ne l’y atteste, ceux-là ressemblent aux gens qui ne font que deviner, conjecturer et prophétiser sans preuve. Or, la meilleure voie est la voie médiane, celle qu’ont empruntée les Compagnons et ceux qui les ont suivis avec bienfaisance : (1) ils prennent en compte les raisons qu’Allah – Très-Haut – et Son Messager ( ﷺ ) ont prises en compte, et se fondent sur les expressions qui révèlent la volonté d’Allah et de Son Messager ; ils connaissent ainsi Son intention à travers le terme, et identifient les causes et les sagesses auxquelles Il a rattaché les jugements, au moyen de ce qui en est la preuve. Le mujtahid qui atteint la justesse obtient deux récompenses, tandis que celui qui se trompe en reçoit une, et son erreur lui est pardonnée (2).
Ce qui nous importe ici, c’est qu’il a posé, dans le vœu, une condition sans preuve, s’appuyant sur elle pour introduire une distinction et empêcher que la qualité efficiente ne soit reconnue et que le jugement ne lui soit subordonné. En réalité, son intention était celle d’un serment : il n’avait nullement l’intention de la contrepartie. Il voulait simplement se lier de sorte que l’obligation, jointe à la répugnance qu’il éprouve pour cette obligation, constitue pour lui un frein l’empêchant de rechercher ce qui en est l’objet, au lieu d’être un motif l’incitant à vouloir la cause qui entraîne cette obligation.