Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Quant à ceux qui rejettent le qiyâs, ils ne s’appuient guère que sur l’istishhâb ou sur les textes d’ordre général. Quant aux esprits brouillons qui, dans cette question, ne distinguent pas le qiyâs valable du vicié, mais rattachent les prescriptions aux qualités vaguement similaires et aux sens qu’il leur vient à l’esprit d’imaginer comme étant la cause du jugement dans la Sharîʿa sans qu’aucune preuve ne l’y atteste, ceux-là ressemblent aux gens qui ne font que deviner, conjecturer et prophétiser sans preuve. Or, la meilleure voie est la voie médiane, celle qu’ont empruntée les Compagnons et ceux qui les ont suivis avec bienfaisance : (1) ils prennent en compte les raisons qu’Allah – Très-Haut – et Son Messager ( ﷺ ) ont prises en compte, et se fondent sur les expressions qui révèlent la volonté d’Allah et de Son Messager ; ils connaissent ainsi Son intention à travers le terme, et identifient les causes et les sagesses auxquelles Il a rattaché les jugements, au moyen de ce qui en est la preuve. Le mujtahid qui atteint la justesse obtient deux récompenses, tandis que celui qui se trompe en reçoit une, et son erreur lui est pardonnée (2).

Ce qui nous importe ici, c’est qu’il a posé, dans le vœu, une condition sans preuve, s’appuyant sur elle pour introduire une distinction et empêcher que la qualité efficiente ne soit reconnue et que le jugement ne lui soit subordonné. En réalité, son intention était celle d’un serment : il n’avait nullement l’intention de la contrepartie. Il voulait simplement se lier de sorte que l’obligation, jointe à la répugnance qu’il éprouve pour cette obligation, constitue pour lui un frein l’empêchant de rechercher ce qui en est l’objet, au lieu d’être un motif l’incitant à vouloir la cause qui entraîne cette obligation.

(1) Le copiste a ensuite inscrit « غير » puis l’a rayé. (2) Voir ce qui suit (pp. 36, 39, 807-809, note importante).
فنفاةُ القياس عمدتهم إما الاستصحاب وإما العموم، وأما المُخَلِّطُون فيه الذين لا يميزون بين صحيحه وفاسده؛ بل يُعَلِّقونَ الأحكام بما رأوه من الصفات الشبهية والمعاني الذي يَخْطُرُ بقلوبهم أنها مناط الحكمِ في الشرع من غير دليلٍ يَدُلُّ على ذلك = فهم يُشْبِهُونَ أهل الخرص والحَزْر والتكهن الذين يتكلمون بلا دليل، وخير الأمور أوساطها، كما كان عليه الصحابة والتابعون لهم بإحسان من (١) اعتبارِ المعاني التي اعتبرها الله ــ عز وجل ــ ورسوله - صلى الله عليه وسلم -، والاستدلال بالألفاظ التي تُبَيِّن مرادَ اللهِ ورسولِهِ؛ فيعلم مراده باللفظ ويعرف الأسباب والحِكَم التي عَلَّقَ بِها الأحكام بما يَدُلُّ على ذلك، والمجتهد المصيب له أجران، والمخطئ له أجر، وخطؤه مغفورٌ له (٢) . والمقصود هنا: أنه اشترط في النذر شرطًا بلا دليل، وفَرَّقَ بِهِ وَمَنَعَ ثبوتَ الوصفِ المؤثر وتعليق الحكم به، وهو قصده اليمين الذي يتضمن أنه لم يقصد الجزاء [٢/ أ] بحال؛ بل قَصَدَ أنْ يَلتزمَهُ ليكون لُزُومُهُ معَ كراهةِ لزومِهِ مانعًا له من قصد الملزوم لا موجبًا لقصد اللازم.
(١) كتب الناسخ بعدها: (غير) ثم ضرب عليها. (٢) انظر ما سيأتي (ص ٣٦، ٣٩، ٨٠٧ - ٨٠٩ مهم).

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