Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

On a rétorqué :
« Cela ne serait valable que si les gens, à l’exception d’al-Ḥasan, avaient formé un ijmâʿ sur cette question ; or il est établi que les Compagnons (ṣaḥâba) et les Successeurs (tâbiʿîn) ont émis des fatwâs selon lesquelles le serment conditionné par l’affranchissement requiert une kaffâra, et la chaîne de transmission qui l’atteste est plus solide que celle qui nie la kaffâra.

De plus, tout ce qui nous est parvenu des Compagnons place sur le même plan le serment assorti d’affranchissement et le vœu : on rapporte d’eux des avis imposant la kaffâra pour l’un comme pour l’autre, et d’autres avis imposant leur exécution même. Cependant, cette seconde version contient une stipulation qu’aucun savant musulman n’a jamais retenue ; un ijmâʿ s’est donc formé contre elle et elle est dès lors caduque. Quant à la première version, elle ne renferme rien qui n’ait déjà été soutenu par certains Successeurs, voire par nombre d’entre eux. Dès lors, quiconque établit une distinction entre le serment conditionné par le divorce, par l’affranchissement ou par autre chose contredit l’ijmâʿ des Compagnons.

Section

S’agissant de sa parole :
« La divergence [et l’ijmâʿ] ne se confirment pas sur la base du doute ; nous restons donc en suspens, et si l’ijmâʿ de la génération suivante se réalise, on en tient compte »,
voici les réponses :

Premièrement : il est avéré que l’avis établissant la kaffâra dans le serment conditionné par l’affranchissement est plus solidement transmis des Compagnons et des Successeurs que son contraire, a fortiori que son contraire soit l’objet d’un ijmâʿ.

Deuxièmement : à supposer même que l’ijmâʿ de la seconde génération se soit fixé sur l’une des deux opinions, le différend disparaîtrait-il pour autant ? Cette question fait l’objet d’un célèbre débat dans le madhhab d’Ahmad et ailleurs ; et l’opinion la mieux connue dans son école est que le différend ne s’éteint pas. Tel est également l’avis d’al-Ashʿarî, de nombreux compagnons d’ash-Shâfiʿî et le choix du Qâḍî Abû Yaʿlâ, entre autres.

قيل: هذا إنما يكون لو كان الناس غير الحسن قد أجمعوا على ذلك، وقد ثبت أَنَّ الصحابة والتابعين أفتوا في الحلف بالعتق بالكفارة، وَأَنَّ النقل عنهم بذلك أثبت من النقل بنفي الكفارة. وأيضًا؛ فكل ما نقل عن الصحابة إنما فيه التسوية بين الحلف بالعتق والنذر؛ نُقِلَ عنهم الإفتاء بالكفارة فيهما، وَنُقِلَ عنهم الإفتاء باللزوم فيهما، لكنْ هذه الرواية الثانية فيها ما لم يَقل به أحدٌ من علماء المسلمين = فانعقد الإجماع على خلافها، فتكون باطلة؛ بخلاف الرواية الأولى فإنه ليس فيها شيء إلا وقد قال به بعض التابعين بل كثير منهم؛ وحينئذٍ فَمَنْ فَرَّقَ بين الحلف بالطلاق والعتاق وغيرهما فقد خالف إجماع الصحابة. فصلٌ وأما قوله: (فلا يثبت الخلاف [ولا الإجماع] بالشك، بل نتوقف؛ فإن اتفق إجماع مَنْ بعده اعتبر) . فعنه أجوبة: أحدها: أنه قد ثبت أَنَّ القول بثبوت الكفارة في الحلف بالعتق أثبت عن الصحابة والتابعين من نقيضه، فضلًا عن أَنْ يكون نقيضه مجمعًا عليه. الثاني: أنه لو فُرِضَ إجماعُ العصر الثاني على أحدِ القولين، فهل يرتفع النزاع؟ في ذلك نزاعٌ مشهور في مذهب أحمد وغيره، والمشهور في مذهبه: أنه لا يرتفع النزاع؛ وهو قول الأشعري، وكثير من أصحاب الشافعي، واختيار القاضي أبي يعلى وغيره.

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