qu’il lui soit permis de revenir sur sa première opinion, celle dans laquelle il était en accord avec les autres. Quant à celui qui ne fait pas de l’extinction de la génération une condition, il ne lui permet pas de se rétracter.
Parmi les deux versions les plus célèbres rapportées de l’imâm Aḥmad, la première (1) exige l’extinction de la génération, mais autorise néanmoins le savant à revenir sur l’avis dans lequel il avait rejoint les autres. Telle est l’opinion de nombreux savants appartenant aux écoles d’al-Shâfiʿî et d’Aḥmad, et c’est celle qu’a choisie le Qâḍî Abû Yaʿlâ et d’autres.
La deuxième opinion veut que l’extinction de la génération ne soit pas une condition ; dès lors, il ne lui est pas permis de se rétracter. C’est ce qu’a rapporté Abû Sufyân (2) de la part des disciples d’Abû Ḥanîfa ; c’est aussi l’avis de bon nombre de théologiens, de certains disciples d’al-Shâfiʿî, ainsi que l’autre position au sein de l’école d’Aḥmad, adoptée par Abû al-Khaṭṭâb et d’autres (3).
Aḥmad a dit, dans la version transmise par ʿAbd Allâh : « La preuve opposée à celui qui prétend que, lorsqu’une affaire fait l’objet d’un consensus puis que les avis se divisent, nous devons nous en tenir à ce sur quoi ils étaient unanimes jusqu’à ce qu’un nouveau consensus soit atteint — est que la mère d’enfant (umm al-walad) avait, par consensus, le même statut qu’une esclave ; puis ʿUmar les affranchit, et ʿAlî, après sa mort, fut d’un avis contraire et estima qu’elles devaient redevenir captives (4). Ainsi, le consensus initial portait sur le fait qu’elle était esclave. »