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L’opposant a dit :
« Sache que, si les deux transmissions le concernant étaient authentiques et qu’il fût impossible de les concilier, et si l’on supposait qu’il a émis l’une d’elles à une époque puis l’autre à une autre, la seconde vaudrait alors rétractation de la première. Or, comme on ne sait pas laquelle est la seconde, ni la divergence ni le consensus ne sauraient être établis sur la base du doute ; nous devons donc nous abstenir de trancher, et, si un consensus postérieur se réalise, il sera alors pris en considération » (1).
Réponse, en plusieurs points.
Premier point : la divergence en question n’est pas l’avis d’al-Ḥasan uniquement, mais celui de plusieurs sommités parmi les Compagnons et les Successeurs – ainsi qu’il a été exposé. Quand bien même al-Ḥasan se serait opposé à eux dans l’une des deux versions, cela ne suffirait pas à annuler leur différend ; que dire alors lorsque la version la mieux établie de ses propos vient confirmer leur position !
Deuxième point : à supposer que l’on ignore laquelle des deux versions est la plus tardive, chacune ayant été énoncée à un moment différent, les savants se sont divisés à propos du mujtahid qui a deux avis sur une même question : doit-on rapporter le premier (2) ?
L’opinion la plus solide, adoptée par la majorité, est qu’il faut rapporter les deux. En effet, les savants ne sont pas comme les Prophètes – que la prière et la paix d’Allah soient sur eux – dont la dernière parole abroge la précédente ; ils parlent par effort d’interprétation pour exposer ce qui constitue véritablement la parole du Messager – qu’Allah prie sur lui et le salue. Il se peut donc que leur première opinion soit la correcte, et non la seconde ; on ne peut, dès lors, affirmer avec certitude que la dernière de leurs deux paroles soit la juste.