S’agit-il, pour lui, d’annuler la suspension, ou d’autre chose ?
L’explication la plus plausible est qu’il tient la propriété pour éteinte par la vente ; dès lors l’affranchissement ne peut plus prendre effet, conformément à l’avis (1) d’un groupe de savants qui admettent la validité de la suspension. Voilà une façon (2) de concilier les deux transmissions.
La réponse se décline en plusieurs points :
Premier point : l’existence d’une divergence au sujet du serment impliquant l’affranchissement est notoire parmi les savants. Tous ceux qui ont rapporté la controverse [205 / b] l’ont mentionnée (3), tels qu’Abū Thawr, Muḥammad b. Naṣr, Ibn al-Mundhir, Ibn Jarīr, Ibn ʿAbd al-Barr et Ibn Ḥazm, lesquels la rapportent d’un groupe d’imâms parmi les Compagnons et les Successeurs.
Les disciples d’al-Shāfiʿī, ceux d’Aḥmad et d’autres auteurs qui recensent les divergences des Anciens et des Postérieurs ont également transmis cette controverse, en indiquant qu’il s’agit de l’avis d’un groupe de Compagnons. Ibn Jarīr a ainsi affirmé que c’est l’opinion d’Ibn ʿUmar, de ʿĀʾishah, de Ḥafṣah, d’Umm Salamah, de ʿAṭāʾ, de Ṭāwūs, d’al-Qāsim et de Sālim (4), « et d’un groupe nombreux d’imâms parmi les Compagnons et les Successeurs – qu’Allâh les agrée ».
Muḥammad b. Naṣr a mentionné que c’est l’avis de […] (5), ainsi que de Ṭāwūs et de al-Ḥasan.
Ibn ʿAbd al-Barr a rapporté que c’est l’opinion de al-Ḥasan, de Ṭāwūs, d’al-Qāsim, de Sulaymān b. Yasār et de Qatādah, comme l’a mentionné Ibn Zarqūn dans son ouvrage « Al-Anwâr ».