De même, Ibn ʿAbd al-Barr (1) a rapporté que Yûnus transmit qu’un homme se présenta à al-Ḥasan et lui dit : « J’ai déclaré libres tous les esclaves qui m’appartiennent si je m’associe avec mon frère. » Il lui répondit : « Associe-toi à ton frère et acquitte l’expiation de ton serment. »
Si les deux transmissions de sa part sont authentiques, il se peut qu’il ait émis deux avis différents sur la question ; il se peut aussi – et Allâh est plus savant – qu’al-Ḥasan ait relevé une nuance subtile entre le fait de suspendre l’affranchissement d’un esclave déterminé et sa parole : « Tout esclave que je possède est libre », la seconde formulation étant empreinte de la nature du serment, contrairement à la première. Il se peut encore qu’al-Ḥasan ait considéré la particule in (إِنْ) comme négative et non conditionnelle ; en effet, la formule de celui qui interrogeait était : « Tout esclave que je possède est libre in (si) j’entre chez mon frère », ce qui peut être compris de façon négative, puisqu’il est correct de dire : « Tout esclave que je possède est libre, je n’entrerai pas chez mon frère. » Dans ce cas, il n’y a aucune suspension, mais un serment pur et simple, et le fait qu’al-Ḥasan y impose l’expiation n’implique pas qu’il l’impose également en cas de suspension, même si l’on entend par celle-ci un serment.
Dans la version que nous avons citée d’al-Ḥasan, la particule in (إِنْ) ne peut être comprise que comme conditionnelle ; on peut donc concilier les deux récits de cette manière. Il est également possible qu’il ait visé par ses propos tout ce qu’il posséderait à l’avenir, ou que celui qui a prêté serment ne possédait aucun esclave au moment de son serment. Telles sont les hypothèses permettant d’élucider la position d’al-Ḥasan – qu’Allâh l’agrée.
Ibn Ḥazm (2) a rapporté également, par la voie de Ḥammâd b. Salama qui a dit : « Ziyâd al-Aʿlam nous a informés, d’après al-Ḥasan al-Baṣrî, au sujet de celui qui dit à un autre : “Si je te vends cet esclave-ci, il est affranchi”, puis il le vend effectivement (3). » Al-Ḥasan déclara : « Il n’est pas affranchi », et l’on ignore sur quel fondement al-Ḥasan s’appuie dans cette affaire, si