Et peut-être vous arrêterez-vous avec moi pour méditer sur ce passage qui révèle une part de la difficulté de la question : le chercheur privilégie d’abord l’avis de la majorité, puis il ne tarde pas à épouser la position d’Ibn Taymiyya ! Le docteur Wahba az-Zuhaylî a, en effet, exposé dans son ouvrage « Al-Fiqh al-Islâmî wa Adillatuh » (7/451) la divergence sur cette question ainsi que les arguments de chaque opinion, puis il a déclaré :
« À mon estimation, le premier avis est celui dont la preuve est la plus solide (1). Toutefois, on remarque que les jeunes recourent fréquemment au serment de divorce à titre de menace, sans intention de le faire réellement, ce qui nous incline vers le troisième avis (2), d’autant plus qu’il a été adopté par la loi égyptienne n° 25 de l’année 1929 et, en Syrie, l’article 2 de la première loi ainsi que l’article 90 de la seconde (3) ont entériné l’opinion d’Ibn Taymiyya et d’Ibn al-Qayyim : le divorce non immédiatement effectif ne prend pas effet lorsqu’il n’a été voulu que pour exhorter à accomplir un acte, en empêcher un autre, ou lorsqu’il est employé comme serment pour affermir une information, et rien de plus. »
L’importance de ce livre réside également dans le fait que son auteur est un imam parmi les plus grands imams des musulmans ; sa maîtrise scientifique est reconnue aussi bien par ceux qui le soutiennent que par ceux qui s’y opposent (4), et son legs – qu’Allâh lui fasse miséricorde – compte parmi les plus précieux