Connaître (1) leur intention : il a, en effet, rapporté ce récit dans le chapitre consacré à la contrainte, puis a intitulé un chapitre distinct pour le serment liant le divorce, différent de celui-ci, sans [200/b] (2) y inscrire cette tradition ; cela indique donc qu’il a compris ce que nous avons exposé (3).
On lui dira :
Il est notoire que la connaissance qu’avait ʿAbd Allâh ibn Ṭâwûs de l’intention de son père et de celle d’Ibn Jurayj — puisqu’il l’avait entendue de Ṭâwûs — est plus complète et plus importante que celle dʿAbd al-Razzâq, car ces hommes-là sont plus proches temporellement.
Il en va de même pour Sufyân ibn ʿUyaynah rapportant d’Ibn Jurayj ; ceux-là sont, de l’avis unanime des musulmans, plus savants, plus vertueux et plus jurisconsultes quʿAbd al-Razzâq.
Par ailleurs, ʿAbd al-Razzâq, ainsi qu’Aḥmad l’a dit à son sujet : « Il ne comptait pas parmi les fuqahâ’ aptes au raisonnement déductif ; il était plutôt un traditionniste transmettant la parole d’autrui (4). » Quant à Ibn Jurayj, il est l’un des imâms de la jurisprudence.
De plus, si ʿAbd al-Razzâq a mentionné ce récit dans ce chapitre, c’est en raison de son adéquation avec ce qui précède ; en effet, la nécessité de connaître la règle du serment liant le divorce dans les serments prononcés sous contrainte est plus pressante. Il arrive fréquemment qu’un homme soit contraint de jurer par le divorce et s’imagine qu’en cas de parjure le divorce prendrait effet ; c’est pourquoi il l’a mentionné