Quant à Tâwûs, il est reconnu, selon son école, que les formules conditionnelles destinées à prendre valeur de serment – telles que la suspension de l’affranchissement ou du vœu – n’impliquent pas, d’après lui, la réalisation de leur conséquence, à savoir l’affranchissement ou le vœu.
De même, on rapporte couramment de lui qu’il dit : « Ce n’est rien », c’est-à-dire : « Ce n’est ni un vœu ni un divorce. »
Il est également notoire, chez Tâwûs et ses compagnons, qu’ils déclarent, au sujet des formules contractuelles sujettes à controverse – s’agit-il d’un divorce ou non ? – : « Ce n’est rien », autrement dit : « Ce n’est pas un divorce », tout comme ils l’ont affirmé pour le khulʿ, le taḥrîm et le serment conditionnel de divorce, lesquels ne constituent, au mieux, qu’une formule suspensive de divorce.
Ainsi, lorsqu’il affirme : « Le serment portant sur le divorce n’est rien », alors même que l’on use de ce genre de formulation dont on hésite à déterminer si elle constitue ou non un divorce, et qu’il ajoute : « Ce n’est rien », son intention est : « Ce n’est pas un divorce. » Il est, en outre, établi que, selon lui, toute suspension formulée à titre de serment n’entraîne pas la conséquence à laquelle elle est rattachée, y compris l’affranchissement. Il est de plus connu qu’ils ont coutume, lorsqu’ils nient l’obligation d’un acte conditionnel, de dire : « Ce n’est rien. » Cela confère une certitude telle qu’aucun savant équitable ne saurait en douter : l’intention de Tâwûs, lorsqu’il déclare : « Le serment portant sur le divorce n’est rien », est : « Ce n’est pas un divorce contraignant. » Mettre ce point en doute, après qu’il a été clarifié, relève de la plus manifeste des sophistiques.
C’est pourquoi, lorsque Ibn Jurayj demanda au fils [de Tâwûs] : « Le considérait-il comme un serment ? », celui-ci répondit : « Je n’en sais rien. »
Ibn Jurayj était le savant et l’imâm de La Mecque, tandis que ʿAbd Allâh ibn Tâwûs comptait parmi les plus éminents hommes de piété, de probité et de véracité dans ce qu’il transmet de son père. Les auteurs des recueils authentiques s’appuient sur ses narrations ; il était même l’un des plus grands de son époque.
Ayyûb dit ainsi à Maʿmar : « Si tu entreprends un voyage vers quelqu’un, rends-toi chez Ibn Tâwûs ; voici ma monture. » Dans une autre version : « Voici ma monture pour aller le voir. » (1)
Et Maʿmar déclara : « Jamais je n’ai vu le fils d’un juriste comparable à Ibn Tâwûs. »