Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Et lorsque l’interrogateur est convaincu que l’énoncé produit bel et bien l’effet voulu, deux éléments se conjuguent alors : d’une part, le fait que la formulation elle-même entraîne cet effet, et, d’autre part, la croyance de celui qui pose la question. De la sorte, la réponse :

« Ce n’est rien »

en devient d’autant plus ferme et catégorique, à l’instar des devins auprès desquels on recherche la véracité de leurs dires, croyant qu’ils disent vrai, tandis que le Prophète – paix et bénédictions d’Allâh soient sur lui – déclara à leur sujet :

« Ils ne sont rien. »

Les Arabes disent également : « Untel n’est rien, si ce n’est une chose dont on ne tient guère compte » ; par cette formule, ils nient qu’on puisse attendre de quelqu’un comme lui quoi que ce soit, hormis ce dont on ne fait aucun cas, et il peut exister une raison particulière justifiant cette négation.

Il arrive aussi qu’un homme prête à une parole une portée déterminée ; on lui répond alors : « Ce n’est rien », afin de rejeter ce qu’il lui a attribué, comme l’a fait Ibn al-Musayyib à propos de l’i‘lâ’ : « Ce n’est rien », c’est-à-dire : « Ce n’est pas un divorce. »

Cette seconde acception est connue dans la langue des Arabes en général, dans les propos des savants parmi les Compagnons et les Successeurs en particulier, et plus spécialement encore dans les paroles de Tāwūs et de son maître Ibn ‘Abbâs – qu’Allâh les agrée. Lorsqu’ils emploient cette expression au sujet des contrats sur lesquels les gens ont divergé – s’agit-il d’un divorce ou non ? –, tels que l’interdiction (taḥrîm), le khul‘ ou le serment conditionnant le divorce, ils disent : « Ce n’est rien », voulant dire : « Ce n’est pas un divorce. » Dès lors que leur intention et leur habitude dans l’usage de cette formule sont connues, qu’aucun propos contraire ne leur est rapporté et que, bien au contraire, l’ensemble des transmissions concorde avec cela, il devient impossible d’interpréter leurs paroles autrement.

(1) Au-dessus figure la lettre « ẓ ». (2) À l’origine : « al-ladhī » ; la forme que j’ai établie me paraît cependant la plus juste. (3) Le détail de son isnād est donné supra, p. 220. (4) Addition imposée par le contexte. (5) Déjà mentionné supra, p. 712. (6) À l’origine : « minhum ».
وإذا كان السائل يعتقد ثبوت موجبه، اجتمع فيه (١) أنه موجب اللفظ وأنه اعتقاد السائل، فصار قوله فيه: (ليس بشيء) أوكد وأوكد، كالكهان الذين (٢) يَطلب منهم الصدق فيما يخبرون به، ويظن فيهم الصدق، فقال النبي - صلى الله عليه وسلم - فيهم: «ليسوا بشيء» (٣) . والعرب يقولون: ليس زيد بشيء إلا شيئًا لا يُعبأ به؛ فينفون به ما يقصد من مثله إلا ما لا يعبأ به، وقد يكون هناك سبب يقتضي [ذلك] (٤) . وقد يعتقد الرجل في الكلام أمرًا، فيقال له: ليس بشيءٍ؛ لنفي ما اعتقده فيه، كقول ابن المسيب في الإيلاء: ليس بشيء؛ أي: ليس بطلاق (٥) . فهذا الثاني معروف في كلام العرب عامة، وكلام علماء الصحابة والتابعين خاصة، وكلام طاووس وشيخه ابن عباس خاصة الخاصة، قد عُرِفَ مرادهم بمثل هذا الكلام في مثل هذه العقود التي تنازع الناس فيها، هل هي طلاق أم غير طلاق؟ كالتحريم والخلع والحلف بالطلاق، فيقولون: ليست بشيء؛ ومرادهم: ليست بطلاق، وإذا عرف مرادهم وعادتهم التي يريدونها بمثل هذا اللفظ، ولم يكن عنهم ما يناقض ذلك، بل سائر النقول عنهم (٦) توافق ذلك= امتنع أَنْ يحملَ كلامهم على غير ذلك.
(١) فوقها حرف: (ظ). (٢) في الأصل: (الذي)، ولعل الصواب ما أثبتُّ. (٣) تقدم تخريجه في (ص ٢٢٠). (٤) إضافة يقتضيها السياق. (٥) تقدم في (ص ٧١٢). (٦) في الأصل: (منهم).

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