Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

illicite. Par cette réponse, il a donc annulé ce que l’interrogateur pensait relever de l’interdiction.

De la même manière, ‘Â’isha – qu’Allâh l’agrée – a, au sujet du vœu formulé par obstination ou sous l’emprise de la colère, déclaré : « Ce n’est rien », réfutant ainsi l’idée – que se faisait le questionneur – du caractère obligatoire d’un tel vœu, tout en confirmant qu’il requiert néanmoins une expiation.

Les savants du jarḥ wa-taʿdîl, lorsqu’ils parlent d’un rapporteur de ḥadith faible, disent : « Il n’est rien », écartant ainsi la valeur que l’on pourrait supposer à sa transmission.

Le principe général est que l’expression « ce n’est rien » constitue une négation de la réalité même de la chose ; ainsi, lorsque le mot « chose » est employé pour un but déterminé et que ce but fait défaut, on dit : « Ce n’est rien ». Il en est ainsi de la personne dont on espère science, équité, largesse ou bravoure et qui en est dépourvue : on dira d’elle : « Il n’est rien », niant par là ce que l’on attendait d’elle.

Il en va de même d’une affirmation que l’on pense conforme aux faits : si elle ne l’est pas, on dira : « Ce n’est rien. » Il en est de même pour un contrat dont on croit l’effet établi : si cet effet est absent, on dira encore : « Ce n’est rien. »

Or, il est notoire qu’un contrat conditionnel suppose l’accomplissement de l’acte suspendu une fois la condition réalisée, qu’il s’agisse d’un vœu, d’un divorce ou d’un affranchissement. Si toutefois son effet est annulé par une expiation ou quelque autre cause, on dira à propos du vœu conditionnel, comme l’a énoncé ‘Â’isha : « Ce n’est rien », et, à propos du divorce conditionnel, comme l’a dit Tāwūs : « Ce n’est rien. »

Il en va de même de la parole d’un homme à son épouse : « Tu m’es interdite. » Le sens apparent de cette formule est l’instauration de l’interdiction ; mais, puisque son effet est inexistant selon Ibn ‘Abbâs – qu’Allâh soit satisfait de lui et de son père –, il déclara : « Ce n’est rien. »

حرامًا. فنفى بقوله شيئًا ما ظَنَّهُ السائلُ من التحريم. كما نفت عائشة بقولها في نذر اللجاج والغضب: ليس شيئًا؛ ما ظَنَّهُ السائل من لزوم النذر له مع إثباتها للكفارة فيه. وأهل الجرح والتعديل يقولون في المحدث الواهي: ليس بشيءٍ؛ ينفون عنه ما يقصد به ويُظَن فيه من العمل بروايته. وأصل هذا: أَنَّ قولَ القائل: ليس بشيء؛ نفيٌ لحقيقة الشيء، فإذا كان الشيء يراد به شيء، وذاكَ المرادُ منتفٍ فيه= قيل: ليس بشيء، كما يقال عمن يُقْصَدُ منه العلم أو العدالة أو العطاء أو الشجاعة ولا يكون كذلك= يقال فيه: ليس بشيء؛ فَيُنْفَى بذلك ما يقصد به. وكذلك اللفظ الذي يعتقد أنه خبر مطابق لمخبره إذا لم يكن مطابقًا؛ قيل فيه: ليس بشيء. وكذلك العقد الذي يعتقد أنه ثبت موجبه إذا انتفى عنه موجبه قيل: ليس بشيء. ومعلومٌ أَنَّ عقد التعليق يقتضي ثبوت المعلق عند الشرط، سواء كان المعلق نذرًا أو طلاقًا أو عتقًا، فإذا لم يكن موجبه ثابتًا بل كان مرتفعًا للكفارة أو غيرها، قيل في تعليق النذر كما قالت عائشة: ليس بشيء، وقيل في تعليق الطلاق كما قال طاووس: ليس شيئًا. وكذلك [١٩٩/ ب] قول الرجل لامرأته: أنت عليَّ حرام؛ مقتضى هذا اللفظ ثبوت التحريم، فلما كان هذا اللفظ عند ابن عباس - رضي الله عنهما - قد انتفى موجبه قال: ليس بشيء.

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