illicite. Par cette réponse, il a donc annulé ce que l’interrogateur pensait relever de l’interdiction.
De la même manière, ‘Â’isha – qu’Allâh l’agrée – a, au sujet du vœu formulé par obstination ou sous l’emprise de la colère, déclaré : « Ce n’est rien », réfutant ainsi l’idée – que se faisait le questionneur – du caractère obligatoire d’un tel vœu, tout en confirmant qu’il requiert néanmoins une expiation.
Les savants du jarḥ wa-taʿdîl, lorsqu’ils parlent d’un rapporteur de ḥadith faible, disent : « Il n’est rien », écartant ainsi la valeur que l’on pourrait supposer à sa transmission.
Le principe général est que l’expression « ce n’est rien » constitue une négation de la réalité même de la chose ; ainsi, lorsque le mot « chose » est employé pour un but déterminé et que ce but fait défaut, on dit : « Ce n’est rien ». Il en est ainsi de la personne dont on espère science, équité, largesse ou bravoure et qui en est dépourvue : on dira d’elle : « Il n’est rien », niant par là ce que l’on attendait d’elle.
Il en va de même d’une affirmation que l’on pense conforme aux faits : si elle ne l’est pas, on dira : « Ce n’est rien. » Il en est de même pour un contrat dont on croit l’effet établi : si cet effet est absent, on dira encore : « Ce n’est rien. »
Or, il est notoire qu’un contrat conditionnel suppose l’accomplissement de l’acte suspendu une fois la condition réalisée, qu’il s’agisse d’un vœu, d’un divorce ou d’un affranchissement. Si toutefois son effet est annulé par une expiation ou quelque autre cause, on dira à propos du vœu conditionnel, comme l’a énoncé ‘Â’isha : « Ce n’est rien », et, à propos du divorce conditionnel, comme l’a dit Tāwūs : « Ce n’est rien. »
Il en va de même de la parole d’un homme à son épouse : « Tu m’es interdite. » Le sens apparent de cette formule est l’instauration de l’interdiction ; mais, puisque son effet est inexistant selon Ibn ‘Abbâs – qu’Allâh soit satisfait de lui et de son père –, il déclara : « Ce n’est rien. »