Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

L’objecteur a déclaré : « Il se peut que son intention ne soit pas correcte, car l’acte est blâmable puisqu’il a prêté serment par autre qu’Allâh ; ou bien qu’il n’y ait aucun mal à cela ; ou encore qu’il visait le cas d’une contrainte à jurer ainsi » – et il a donné la prépondérance à cette dernière hypothèse.

On lui répond : détourner un terme de son sens apparent pour lui conférer un autre sens exige trois conditions : que le mot soit employé, dans l’usage de l’orateur, avec cette signification ; qu’il dispose d’une preuve indiquant qu’il n’a pas voulu son sens littéral ; et qu’on ne lui connaisse aucune parole montrant le contraire. Or, ces trois conditions font ici défaut (1).

Nous avons en effet rapporté de Tâwûs, et de savants plus éminents encore tels qu’Ibn ‘Abbâs et d’autres, que leur intention, en employant ce type d’expression, est que le divorce ne prend pas effet par elle, même si l’expiation demeure obligatoire. Ainsi Ibn ‘Abbâs – qu’Allâh l’agrée, lui et son père – a dit, à propos du serment de ḥarâm : « Ce n’est pas un serment » (2). Il a également déclaré : « C’est un serment qui nécessite une expiation » (3).

De même, lorsqu’on interrogea Tâwûs au sujet du khul‘, il répondit : « Ce n’est rien » (4). La même parole a été rapportée d’Ibn ‘Abbâs (5), lequel a précisé qu’il ne s’agissait pas d’un divorce mais d’une séparation définitive. De la même façon, ‘Â’isha – qu’Allâh l’agrée – a dit, au sujet du vœu prononcé par obstination ou colère : « Ce n’est rien » (6), voulant dire qu’il ne devient pas contraignant, quand bien même une expiation serait requise.

Ainsi, leur habitude [199/a] est de nier, par cette expression, ce que l’interrogateur croit établi alors qu’il ne l’est pas.

(1) Majmūʿ al-Fatāwā, t. 6, p. 360. (2) Son référencement a déjà été donné supra (p. 222) ; il figure dans le Ṣaḥīḥ al-Bukhārī sous la formulation « Laysa bi-shayʾ ». (3) Son référencement a déjà été donné supra (p. 222) ; il figure dans le Ṣaḥīḥ Muslim. (4) Son référencement a déjà été donné supra (p. 218). (5) Son référencement a déjà été donné supra (p. 218). (6) Rapporté par Ibn al-Jaʿd dans son Musnad, n° ḥ 2404.
وقال المعترض: (يحتمل أن يكون مراده ليس صوابًا، فإنه مكروه لأنه حلف بغير الله، أو أنه لا بأس به، أو أَنَّ مراده إذا أكره على الحلف به، وَرَجَّحَ هذا الاحتمال) . فيقال له: صَرْفُ اللفظِ إلى معنىً يخالفُ ظاهرَهُ يحتاج إلى أمور: أَنْ يكونَ اللفظ مستعملًا في عُرْفِ ذلك المتكلم في ذلك المعنى، وإلى أَنْ يكون عنده دليل يبين أنه لم يرد ظاهره، وإلى ألا يُعرف عنه ما يُبين مراده خلاف ذلك؛ وهذه الثلاثة منتفية هنا (١) . فإنَّا قد ذكرنا عن طاووس، وعن أَجَلَّ منه مثل ابن عباس وغيره، أَنَّ مرادهم بمثل هذا اللفظ في هذا: أنه لا يقع به الطلاق وإن لزمته الكفارة، كما قال ابن عباس - رضي الله عنهما - في الحرام: ليس يمينًا (٢) . وقال: إنه يمين مكفرة (٣) . وكما سئل طاووس عن الخلع، فقال: ليس بشيء (٤) . وذُكِرَ ذلك عن ابن عباس (٥) ، وبَيَّنَ مراده أنه ليس بطلاق بل فرقة بائنة. وكما قالت عائشة - رضي الله عنها - في نذر اللجاج والغضب: ليس شيئًا (٦) . ومرادها: أنه لا يلزم وإِنْ وجبت فيه الكفارة. فعادتهم [١٩٩/ أ] ينفون بهذا اللفظ ما يَظُنُّ السائل أنه ثابت وهو منتفٍ،
(١) مجموع الفتاوى (٦/ ٣٦٠). (٢) تقدم تخريجه في (ص ٢٢٢)، وهو في صحيح البخاري بلفظ: ليس بشيء. (٣) تقدم تخريجه في (ص ٢٢٢)، وهو في صحيح مسلم. (٤) تقدم تخريجه في (ص ٢١٨). (٥) تقدم تخريجه في (ص ٢١٨). (٦) أخرجه ابن الجعد في مسنده برقم (ح ٢٤٠٤).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies